BFM
Live terminé

Procès Jubillar: Cédric Jubillar accusé par un ex-codétenu de s'être "débarassé" du corps de son épouse

BFM Elisa Fernandez
Cédric Jubillar, le 22 septembre 2025, devant la cour d'assises du Tarn, à Albi

Cédric Jubillar, le 22 septembre 2025, devant la cour d'assises du Tarn, à Albi - Lionel BONAVENTURE © 2019 AFP

Au onzième jour du procès de Cédric Jubillar, jugé à Albi (Tarn) pour le meurtre de son épouse Delphine, la mère de l'accusé soit être entendue ce mercredi 8 octobre au matin. Trois codétenus devraient également livrer leurs témoignages.

L'ESSENTIEL

  • Mardi matin, le sens du stationnement de la voiture de Delphine Jubillar a occupé l'essentiel des débats. Et pour cause: il s'agit de l'un des éléments à charge contre Cédric Jubillar au dossier d'instruction. Lire l'article
  • Alors que les avocats de Cédric Jubillar soulignaient lundi que les données de l'amant apparaissaient sur une liste des lignes qui ont borné sur un relais courvant la maison des Jubillar, la nuit des faits, un gendarme est venu démentir ce point hier, admettant une "erreur de copier-coller" de sa part. Lire l'article
  • Hier après-midi, la famille adoptive de Cédric Jubillar est venue témoigner à son tour à la barre. Ils étaient les premiers à déposer en faveur de l'accusé.
  • Cette troisième semaine était l'une des plus attendues au procès Jubillar, notamment parce que des témoins clés défilent à la barre, à l'image de l'amant, des voisins du couple et de deux ex-compagnes de l'accusé. Cédric Jubillar lui-même doit être longuement interrogé vendredi. Lire l'article

L'audience est terminée

Ce direct est terminé.

Merci de l'avoir suivi. Il reprendra demain pour une nouvelle journée d'audience qui débute à 9 heures.

Deux anciennes compagnes de Cédric Jubillar, rencontrées après la disparition de Delphine Jubillar, devraient s'exprimer.

Pour son ex-codétenu, Cédric Jubillar se prend pour "la star du Tarn"

Interrogé sur la personnalité de Cédric Jubillar, le cinquième codétenu à comparaître indique que l'accusé se prenait pour "la star du Tarn" lorsqu'ils étaient ensemble en détention.

"Il dit 'je suis la star du Tarn'. Excuse-moi, t’es accusé de meurtre, t’es une star? Non, sinon tu serais pas ici", lâche le témoin.

"Il peut partir au quart de tour, il peut être gentil comme il peut péter les plomb", ajoute-t-il.

L'audience est suspendue jusqu'à demain matin.

Un ex-codétenu confirme avoir entendu Cédric Jubillar dire qu'il a commis "le crime parfait"

Dernier à être entendu ce mercredi, un cinquième ex-codétenu de Cédric Jubillar confirme pour sa part avoir entendu l'accusé dire qu'il avait "commis le crime parfait".

"On va pas se mentir, pour nous c’est lui. Il a dit à la fenêtre 'j’ai fait le crime parfait'. Quarante détenus l’ont entendu, si vous voulez savoir!", dit-il en levant la main gauche.

Il ajoute que Cédric Jubillar se "vantait" des faits pour lesquels il était incarcéré. "Pour avoir du shit, il disait ‘je te dis comment j’ai fait’. Y a quarante témoins, ils ont tous entendu."

Comme "Marco", qui a témoigné précédemment, lui aussi a entendu Cédric Jubillar dire: "Ils n’ont même pas trouvé le couteau ces imbéciles."

Ses propos sur le corps enterré près d'une ferme qui a brûlé étaient une "blague", assure l'accusé

Interrogé sur les propos de son ex-codétenu, qui dit avoir recueilli les confidences de Cédric Jubillar, ce dernier confirme seulement avoir dit qu'il avait enterré le corps "près d'une ferme qui a brûlé", mais seulement pour que "Marco" le laisse tranquille.

"Il me gavait à me poser la question tous les jours", dit-il, précisant avoir tenu les mêmes propos à Séverine L., sa compagne en 2021.

"C'était une blague?", demande la présidente. "Oui, une blague."

Il confirme également avoir dit qu'il était "le plus grand cocu de France".

L'audience est suspendue. Elle doit reprendre avec l'audition d'un dernier codétenu.

Après le témoignage de l'ex-codétenu de Cédric Jubillar, la défense contre-attaque

La parole est à la défense. L’avocate de Cédric Jubillar, Me Emmanuelle Franck rappelle le lourd casier judiciaire du témoin, un ex-codétenu qui affirme avoir recueilli des aveux de la part de l'accusé. Ce dernier a été condamné pour divers chefs, notamment pour "viol avec actes de torture" et "subornation de témoin".

Elle rappelle également qu’une cour a considéré, le 23 septembre 2021, que "Marco" ne pouvait pas être remis en liberté car "trop dangereux et ayant déjà influé sur le cours de la justice". Une dizaine de jours plus tard, le 4 octobre, cependant, il est remis en liberté après avoir comparu devant une autre cour.

"Je ne sous-entends rien, je constate juste que le 23 septembre on a considéré que vous êtes dangereux et qu’il ne faut pas vous laisser sortir, et le 4 octobre, vous sortez après avoir dit que vous aviez des choses à dire", lance Me Emmanuelle Franck.

Ses propos suscite une vive réaction de l'avocat général, qui estime que ce l'avocate dit est "grave". "Je ne peux pas laisser passer", réagit immédiatement l’avocat général.

"Moi, je pense que vous êtes un 'mouton'", lance Me Alexandre Martin pour conclure, le terme renvoyant à un indic au sein de la prison.

"Il a dit 'j'ai vrillé'", assure l'ex-codétenu de Cédric Jubillar à la barre

En se référant à sa déposition auprès des gendarmes, Me Laurent Boguet, avocat des enfants Jubillar, parvient à éclaircir un peu les dires de "Marco", l'ex-codétenu de Cédric Jubillar entendu cet après-midi.

Il confirme que Cédric lui a dit s'être relevé, la nuit du 15 au 16 décembre 2020, pour aller chercher un chargeur de téléphone dans la cuisine. Là, toujours selon lui, le peintre-plaquiste aurait vu Delphine envoyer un message à son amant. "Il a dit 'j’ai pété les plombs, je m’en suis débarrassé, j’ai vrillé'. C’est sorti cash", commente "Marco".

Cédric Jubillar lui aurait ensuite dit avoir enterré le corps près d’une "ferme qui a brûlé à côté d’un grand arbre". Il parlait aussi de deux amies de Delphine Jubillar, "qui n’arrêtaient pas de fanfaronner devant les caméras, et de fouiller la merde là où il fallait pas qu’elles fouillent."

"Vous nous affirmez que vous ne mentez pas?", le relance Me Malika Chmani, aussi côté parties civiles. "A 100%", répond-il.

"Que vous n’en avez tiré aucun bénéfice?", poursuit l'avocate. La réponse fuse: "Que du préjudice."

Dans un témoignage confus, l'ex-codétenu évoque un "plan" pour faire accuser l'amant

Difficile de s'y retrouver dans le témoignage de "Marco". En lui posant des questions, la présidente tente de cadrer sa déposition.

L'homme, aujourd'hui libre, dit avoir rencontré Séverine L. (la première femme avec qui Cédric Jubillar a eu une relation après la disparition de Delphine) à quatre reprises.

Dans ses réponses, il est question de lettres que Cédric Jubillar lui aurait confié à destination de cette compagne, mais on ne comprend pas bien quel rôle elles ont pu jouer. Il évoque aussi un "plan" dans lequel le peintre-plaquiste lui aurait demandé de déplacer le corps de "l’autre" près de chez l’amant pour le faire accuser.

Mais le témoignage de "Marco" est tellement confus que l’on a du mal à comprendre les tenants et les aboutissants du "projet" qu’il évoque.

"J’ai ma conviction à moi, j’ai voulu aider, c’est la seule chose que je peux vous dire aujourd’hui", déclare-t-il finalement.

Selon l'ex-codétenu "Marco", l'accusé lui a fait comprendre s'être "débarrassé" du corps de son épouse

Alors que nul ne savait si l'ex-codétenu qui avait livré des détails importants dans le dossier serait présent à l'audience, "Marco" est finalement entré dans la salle, doudoune sans manche sur le dos, arrivant du Portugal où il vit maintenant.

Selon son récit, Cédric Jubillar et lui avaient pris l'habitude de parler le soir.

"En cellule, on n'a rien à faire, le soir, on discute", détaille-t-il.

Dans un discours très confus, il glisse des phrases que Cédric Jubillar aurait prononcées devant lui en plusieurs occasions. Un jour, notamment, le peintre-plaquiste lui aurait dit "Tu sais que je m’en suis débarrassé". "J’ai dit 'de quoi?', il me dit 'l’autre'", soit son épouse, précise-t-il.

Dans leurs échanges, il est aussi question d’un "couteau" jamais trouvé par les gendarmes et d'un "endroit qui a brûlé", avance-t-il encore.

Après une déposition accablante en 2021, un troisième ex-codétenu assure ne se souvenir de rien

Toujours en visioconférence depuis son lieu d'incarcération, un autre ex-codétenu assure lui aussi n'avoir "aucun élément à apporter" et ne se souvenir de rien.

"Je ne comprends même pas pourquoi vous m’avez convoqué, je n’ai rien à voir dans ce dossier, ni de près ni de loin", déclare-t-il d'emblée. "On a échangé sur son dossier, son affaire et tout, mais après il ne nous a jamais rien dit comme on a pu vous le faire croire."

Lors d'une audition par les gendarmes, en décembre 2021, il explique que Cédric Jubillar avait déjà mentionné, sur le ton de l’humour, qu’il avait réussi "le crime parfait". Aujourd'hui, il ne se rappelle pas avoir dit ça.

"C’était un blagueur, il faisait des blagues à la fenêtre. Mais pas spécialement sur son affaire", se borne-t-il à dire ce mercredi. "Il est possible que les gendarmes aient inventé ça, je me souviens pas du tout." Dans la même déposition, il avait affirmé être convaincu de la culpabilité de Cédric Jubillar. Là non plus, le détenu ne se "souvient pas" avoir tenu ces propos.

Quant à "Marco", le codétenu qui avait assuré avoir recueilli les aveux de Cédric Jubillar en détention, le témoin affirme qu'il est "fou". "C’est la dernière personne qu’il faut écouter, il est complètement malade. C’est un mythomane, il est fou."

Ledit Marco est sensé témoigner lui aussi en visio cet après-midi.

Un autre codétenu assure qu'il n'a "jamais entendu Cédric Jubillar dire qu'il a tué sa femme"

Déposition musclée d'un autre détenu, en visioconférence depuis le centre pénitentiaire de Béziers.

"Beaucoup de choses qui se sont dites ne sont pas vraies. Cédric Jubillar je l’ai jamais vu à part à la télé. Il est où d’ailleurs?", lance-t-il en scrutant son écran.

Interrogé, il assure qu'il n'a "jamais entendu Monsieur Jubillar dire qu’il a tué sa femme", évoquant le témoignage d'un autre codétenu, "Marco".

"Marco je sais pas pourquoi il dit ça, peut-être pour faire du buzz ou pour sortir plus rapidement", lance-t-il.

N'étant resté qu'une dizaine de jours à l'isolement, il admet ne pas avoir échangé plus de quelques mots avec Cédric Jubillar.

Selon un codétenu de Cédric Jubillar, l'accusé nie avoir tué son épouse

L'audience reprend cet après-midi. Plusieurs codétenus doivent être entendus les uns à la suite des autres.

Le premier, Aymen H., actuellement incarcéré à Montauban et témoignant en visioconférence depuis la cour d'appel de Toulouse, explique avoir été placé à l'isolement à la prison de Seysses quasiment en même temps que Cédric Jubillar.

Il décrit la configuration du quartier d'isolement: des cellules alignées les unes avec les autres, où les détenus peuvent se parler par les fenêtres sans pouvoir se voir. "L’accusé, je l’ai jamais vu de ma vie. J’étais à la cellule 10, lui à la cellule 8, il était pas à côté de moi", détaille-t-il.

La présidente lui demande s'il a déjà parlé avec Cédric Jubillar des faits pour lesquels il était incarcéré. "Je lui ai demandé une seule fois parce que moi, ça ne m’intéressait pas trop. Je lui ai demandé une seule fois s'il avait tué cette femme, il m’a dit 'non, c’est la mère de mes enfants'", déclare-t-il.

"Il dit qu'il n'a rien à voir, que c'est pas lui", conclut-il.

"Vous avez déjà tout ce que j'ai dit": la déposition poussive du beau-père de Cédric Jubillar

Olivier F. remplace son épouse Nadine F. à la barre, un peu avant midi. Très grand, une main dans la poche, le quinquagénaire explique ne pas comprendre pourquoi il est cité comme témoin dans ce procès.

S'il dit avoir considéré Cédric Jubillar "comme son fils", ses réponses sont lacunaires.

"Vous êtes intimidé? Vous n'avez pas envie de parler?", lui demande la présidente Hélène Ratinaud. "Vous avez déjà tout ce que j'ai dit", lance-t-il. "L'exercice est de reparler de ce que vous avez dit à l'écrit...", lui rappelle-t-elle.

Pendant la procédure, il avait indiqué que son beau-fils avait "un caractère de con". "Une grande bouche", précise-t-il simplement aujourd’hui. Mais "agressif, non".

L'audience est suspendue, elle reprendra à 14 heures.

"Si j'avais pris au sérieux" les menaces de Cédric, "on n'en serait pas là", estime sa mère

Me Laurent Nakache, avocat côté parties civiles, revient sur les propos qu'a eus plus tôt Nadine F. lorsqu'elle évoquait son regret de ne pas avoir réagi suffisamment face aux menaces de son fils, trois semaines avant la disparition. "Vous avez dit une chose importante: 'je regrette de ne pas avoir donné plus de sens à cette phrase'. Vous pouvez me l’expliquer? Qu’est-ce que vous auriez pu faire?", questionne l'avocat.

"A cet instant-là, si j’avais pris plus au sérieux cette phrase, on serait pas là, il n’y aurait pas eu tout ça", lance alors la mère de Cédric Jubillar.

"Vous auriez tout fait pour qu’il ne la tue pas?", relance Me Nakache. "Si vous le dites, mais ce ne sont pas mes mots", répond-elle.

Quelques minutes plus tard, lorsque la présidente demande à Cédric Jubillar s'il a une réaction, il se contente de dire qu'il n'a "rien à déclarer de plus".

La mère de l'accusé avait dit à son petit-fils que Delphine s'était "perdue en forêt"

Interrogée par Me Laurent Nakache, Nadine F. en vient à raconter de quelle manière elle a parlé à son petit-fils, Louis, alors âgé de 6 ans, de la disparition de sa mère.

"J’ai réfléchi à la meilleure façon de l’annoncer à Louis sans lui faire peur. Il m’a semblé que ce que j’allais lui dire était le moins traumatisant et le moins anxiogène pour lui", commence-t-elle, à la barre depuis maintenant plus de deux heures.

"J’ai pris Louis à part dans le bureau, je lui ai 'tu sais maman, elle n’est pas au travail, elle n’est pas au lit, elle est allée se promener dans la forêt mais elle s’est perdue'. Louis m’a dit comment elle fait pour manger et dormir. Je lui ai dit qu’elle avait sûrement trouvé une cabane, qu’elle attendait qu’on vienne la chercher", relate encore la mère de l'accusé, admettant avoir peut-être été "maladroite".

"J’ai fait des erreurs, même après la disparition, mais j’ai toujours voulu protéger les petits", conclut-elle.

L'avocat général évoque un épisode de violences de Cédric Jubillar envers sa mère en 2021

Alors que Nadine F. affirmait plus tôt ce matin que son fils n'avait jamais été violent avec elle ni levé la main sur elle, l'avocat général lit à la cour le témoignage de l'une de ses amies.

Cette dernière explique qu'au cours d'un repas au domicile des Jubillar, en mars 2021, Cédric Jubillar est entré dans une colère noire alors que sa mère s'est levée pour aller chercher une pelle à tarte.

"Cédric lui a crié qu’elle ne devait pas aller chercher dans ses affaires. Il lui a pris les poignets et l’a plaquée contre le mur. (...) C'était irréaliste, hyper violent, donc vous imaginez lors des disputes conjugales", rapportait alors cette témoin aux gendarmes.

La mère de Cédric "culpabilise" d'avoir "pris pour argent comptant" les dires de son fils

Avant une suspension d'audience, visiblement émue, la mère de l'accusé affirme vouloir désormais "se battre" pour ses petits-enfants.

"Si je me suis constituée partie civile, c’est pas en tant que maman de Cédric, c’est en tant que mamie de Louis et Elyah", prononce-t-elle.

"Moi aussi je veux découvrir la vérité pour eux, pour la sœur et les frères de Delphine. Je culpabilise de ne pas m’être investie un peu plus dans la relation avec Delphine, d’avoir pris pour argent comptant tout ce que me disait mon fils", détaille-t-elle.

"Aujourd’hui, tout ce qui compte, c’est le bien-être de ces petits, et la vérité."

L'audience est suspendue et devrait reprendre avec de nouvelles questions des différentes parties à Nadine F.

"Tu vas pas faire comme ton père", la blague "mal placée" de la mère de Cédric Jubillar

A la barre, toujours questionnée par la présidente Hélène Ratinaud, Nadine F. revient sur un épisode troublant. Un jour, alors qu'elle se trouve avec une amie avec qui elle dit avoir "un humour très, très, très décalé", une "blague" franchit ses lèvres.

"J’étais sur le canapé avec elle, on buvait une bière, je crois. Elyah (la fille des Jubillar, NDLR) prenait un coussin et tapait sur le visage de je ne sais plus qui. Dans l’euphorie et la bêtise, je lui ai dit "tu vas pas faire comme ton père'", relate-t-elle.

Vive réaction dans le public.

Pendant la procédure, Nadine F. avait justifié cela par de "l’humour très, très mal placé".

La mère de l'accusé évoque ses "doutes" après la disparition de Delphine Jubillar

Interrogée à présent sur le 16 décembre 2020, Nadine F. raconte que quand son fils lui a annoncé que Delphine avait disparu, sa première réaction avait été de dire que c'était "n’importe quoi".

Vingt-quatre heures après la disparition, elle balance entre deux hypothèses, explique-t-elle: Delphine a quitté son fils pour son amant et pour lui donner une "leçon", ou bien son fils a commis une erreur.

"Dans ma tête, y a un doute. Si elle est partie, pour une leçon, c’est un peu long, on est 24 heures après la disparition. Et j’espère que ce n’est pas lui qui a eu un coup de folie", se remémore-t-elle, ajoutant avoir posé la question à son fils.

Réponse de ce dernier, à l'époque: "Non, j'ai rien fait."

La mère de Cédric Jubillar "regrette" de ne pas avoir prêté plus d'attention aux menaces de son fils

La mère de Cédric Jubillar témoigne depuis une heure. Elle en vient à évoquer un épisode marquant, qui s'est déroulé trois semaines avant la disparition de Delphine.

Ce jour-là, son fils la rejoint sur le parking de son travail. "Il m’a dit 'j’en ai marre, elle m’énerve, je vais la tuer, je vais l’enterrer, personne ne va la retrouver'."

Elle explique n'avoir pas compris la "portée" des mots de son fils.

"J’ai mis ça sur le compte de la colère", raconte-t-elle en pleurant. "Pour moi, c’était une phrase qu’il disait sur le compte de la colère. Aujourd’hui, je regrette de ne pas avoir donné plus de sens à cette phrase."

La mère de Cédric Jubillar évoque une tentative de géolocalisation de Delphine par son fils

La présidente questionne à présent Nadine F. sur une tentative de géolocalisation de Delphine par Cédric Jubillar, à partir du téléphone de sa mère.

La mère de l'accusé raconte que son fils est venu la voir le 25 septembre 2020 en lui disant "Je crois que Delphine me prend pour un con" et évoquant un possible amant.

"J’ai commencé, moi, à faire des recherches, et comme je n’arrivais pas à faire aussi vite que mon fils voulait que je le fasse, il a pris mon téléphone pour le faire" et a tenté de géolocalisé son épouse, détaille Nadine F.

Celle-ci raconte avoir, un mois plus tard, envoyé un message à sa belle-fille pour s'excuser.

"J’ai envoyé un message à Delphine pour lui dire que c’était pas pour lui nuire, mais pour que mon fils soit rassuré."

Pour sa mère, Cédric Jubillar avait "fini par accepter" le divorce avec son épouse

A la barre, Nadine F. explique qu'elle n'avait pas énormément de relations avec sa belle-fille. Elle parle d'elle au présent, se reprend lorsqu'elle utilise le passé dans ses phrases à son sujet.

"Delphine Jubillar c’est une femme douce, timide, réservée, jamais un mot plus haut que l’autre, aimante avec ses enfants. Je ne vais pas dire le contraire. C’était une personne – c’est une personne que j’apprécie énormément", reprend-elle.

Elle explique que son fils commence à lui parler du souhait de son épouse de divorcer "à l'été 2020". Elle le prévient alors qu'il doit accepter le choix de Delphine, ce qu'il avait fait, selon elle.

"Je pouvais comprendre qu’il ne voulait pas divorcer. Mais dans ma tête, dans mon esprit, il avait quand même accepté l’idée, il n’avait pas le choix, il ne pouvait pas faire autrement", poursuit Nadine F.

Cependant, admet-elle, pour Cédric Jubillar, la perte de la maison signait "perte d’un statut. D’un statut social, familial. D’un statut d’homme."

Selon sa mère, l'agressivité de Cédric Jubillar était liée à sa "consommation de stupéfiants"

Questionnée par la présidente sur le caractère de son fils avant sa rencontre avec Delphine, Nadine F. évoque un jeune homme "jovial", "qui sortait beaucoup" et "entouré de beaucoup d'amis".

"Il était l’opposé de ce qu’il était après", lance-t-elle.

"Vous situez quand ce changement?", relance la présidente. "Quand il a rencontré Delphine et qu’il me l’a présentée, je me suis dit que c’était très bien qu’il rencontre une femme comme elle", répond Nadine F.

Pourtant, peu à peu, elle observe un changement dans l'attitude de son fils, qui "parle fort", qui est plus "impulsif", qui "criait" même. Elle met alors ça sur le compte "de sa consommation de stupéfiants".

"Quand on est en manque, à un moment donné… On est sur les nerfs, on ne supporte rien, on s’emporte vite. J’avais abordé avec lui sa consommation de stupéfiants que je trouvais exagérée. Mais je ne pouvais rien dire, il était majeur", poursuit-elle.

La mère de Cédric Jubillar interrogée sur les violences de son mari envers son fils

Interrogée au sujet des difficultés qu'a rencontrées Cédric étant enfant, sa mère cherche ses mots. Pendant de longues secondes, on n'entend que son souffle dans le micro. "J’ai toujours ressenti de la culpabilité de ne pas avoir été capable de m’en occuper", confie-t-elle.

L'enquête de personnalité de Cédric Jubillar avait fait état des violences que lui a infligées son beau-père alors qu'il était enfant.

"Olivier (le beau-père, NDLR) a pu être vindicatif. Violent, le mot ne me plaît pas. Il a pu corriger Cédric par moments. (...) Il a pu lui mettre une baffe, ou l’engueuler parce qu’il n’allait pas au collège", débute la mère de Cédric.

"On essaie de savoir, comprendre, ce qu'il a pu vivre dans son enfance. Soyez à l'aise par rapport à ce sujet", l'encourage la présidente.

L'audience démarre avec le témoignage de la mère de Cédric Jubillar

Vêtue d'une veste bleu électrique, la mère de Cédric Jubillar s'avance à la barre à l'ouverture de l'audience.

Ses premiers mots sont pour rectifier ce qui a pu être dit lors de la première semaine du procès.

"Je n’ai jamais abadonné mon fils. Je me suis retrouvée dans une situation, à la rue, et dans un but de protéger mon fils, j’ai demandé de l’aide", explique-t-elle.

Cédric Jubillar a été placé en famille d'accueil à deux reprises, à l'âge de 3 ans et puis 11 ans.

L'accusé ne se "souvient pas" si son épouse portait ses lunettes avant de disparaître

Autre point qui suscite toujours des interrogations: les lunettes de Delphine, retrouvées brisées sur le comptoir de la cuisine, une branche découverte derrière le canapé.

Interrogé sur ce point, un expert affirmait hier que les dommages constaté sur les lunettes pouvaient être consécutifs à un coup, mais pas à une simple chute.

Cédric Jubillar, quant à lui, affirme ne se souvenir de rien concernant les lunettes de sa femme la nuit de sa disparition.

Le gendarme chargé de la téléphonie reconnaît "une erreur de copier-coller" concernant les données de l'amant

Lundi, les avocats de la défense avaient créé le trouble en révélant que les données téléphoniques de l'amant de Delphine Jubillar avaient activé une cellule couvrant la maison des Jubillar, la nuit des faits.

Cité à comparaître ce mardi après-midi, le gendarme qui a réalisé l'étude de ces données a mis un terme au débat en reconnaissant une "erreur de copier-coller" dans un fichier.

Selon lui, l'amant ne se trouvait donc pas à Cagnac-les-Mines la nuit de la disparition, mais bien chez lui.

Le sens de stationnement de la voiture de Delphine, élément central des débats

Mardi matin, un élément-clé du dossier d'enquête a occupé l'essentiel des débats: la voiture de Delphine Jubillar, et plus particulièrement son sens de stationnement la veille de la disparition.

Alors que des voisins indiquent l'avoir vue garée dans le sens de la montée, conformément aux habitudes de Delphine, Cédric Jubillar maintient qu'elle était stationnée dans le sens de la descente le 15 décembre 2020 au soir.

La mère de Cédric Jubillar doit témoigner ce mercredi matin

Bienvenue dans ce direct consacré au onzième jour du procès de Cédric Jubillar.

Ce mercredi, l'audience doit s'ouvrir avec la déposition de la mère de Cédric Jubillar à la barre.

Hier, deux membres de la famille adoptive de l'accusé, qui a été placé en famille d'accueil étant enfant, sont venus le défendre, l'estimant incapable de commettre un tel crime.