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Détection des cas de soumission chimique: comment fonctionne l'expérimentation lancée ce 1er janvier

BFM Véran Escoffier
Christian Nègre, ex-haut fonctionnaire, est soupçonné d'avoir administré des diurétiques à des femmes pendant près de dix ans. (Image d'illustration)

Christian Nègre, ex-haut fonctionnaire, est soupçonné d'avoir administré des diurétiques à des femmes pendant près de dix ans. (Image d'illustration) - Michaël Mitz

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Dès ce jeudi 1er janvier 2026, une expérimentation permettra de rembourser les analyses permettant de détecter un état de soumission chimique dans les Hauts-de-France, l'Ile-de-France et les Pays-de-la-Loire. Une éventuelle généralisation à l'ensemble du pays sera étudiée dans deux ans et demi par le Parlement.

C'est une pratique illégale qui a été particulièrement mise en lumière par le procès des viols de Mazan. Que ce soit dans le cadre familial, professionnel, amical ou festif, de plus en plus de victimes se signalent aux forces de l'ordre, et de nouveaux outils sont mis en place.

Alors que de nombreux bars ou festivals s'équipent désormais de capotes de protection de verre, le ministère de la Santé a annoncé mi-décembre que les tests et les analyses permettant de détecter un état de soumission chimique seront remboursés à partir du 1er janvier 2026, et ce pour une durée de trois ans.

"Ce dispositif s’inscrit dans la politique gouvernementale de lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes", précise le ministère.

Pour l'instant, seules trois régions sont concernées par cette expérimentation, à savoir les Hauts-de-France, l'Ile-de-France et les Pays-de-la-Loire, mais une éventuelle généralisation à l'ensemble du territoire sera examinée d'ici à trois ans.

Des examens coûteux

Une soumission chimique se caractérise par "l’administration d’une substance psychoactive à l’insu des victimes ou sous la menace à des fins criminelles ou délictuelles", est-il expliqué dans la rubrique Arrêtons les violences du site officiel du gouvernement. Généralement, cette "substance agit sur le système nerveux pour modifier le comportement, la vigilance et la mémoire" de la victime, ajoute le ministère de la Santé. Les auteurs, eux, encourent entre cinq et sept ans d'emprisonnement.

Aujourd'hui, la détection des traces de soumission chimique, dont le coût peut atteindre les 1.000 euros d'après le Conseil national de l'Ordre des médecins, n'est pas remboursée par l'Assurance maladie si aucune plainte n'est déposée par la victime. Désormais, avec cette expérimentation lancée dès ce jeudi 1er janvier, les examens seront intégralement couverts dans les Hauts-de-France, l'Île-de-France et les Pays-de-la-Loire, même si la victime ne porte pas plainte.

"Si vous pensez être victime de soumission chimique et que vous résidez hors des régions prévues pour l’expérimentation, nous vous recommandons de porter plainte sans délai", encourage le ministère de la Santé, qui indique par ailleurs que "si la victime potentielle dépose plainte, les examens sont réalisés dans le cadre de l’enquête, et donc pris en charge au titre des frais de justice".

[INÉDIT] Viols de Mazan: un an après le procès, où en est-on de la lutte contre la soumission chimique en France?
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Des substances rapidement éliminées du sang et de l'urine

Afin de rechercher toute substance dangereuse dans le corps, un prélèvement sanguin et urinaire est souvent réalisé chez les victimes présumées munies d'une prescription médicale. Néanmoins, les agents de soumission chimique sont rapidement éliminés du sang et de l'urine, renseigne l'Assurance maladie. Un prélèvement de cheveux, où la substance est souvent conservée plus longtemps, peut donc être effectué si la consultation médicale a lieu au-delà de cinq jours après les faits.

Cette année 2025 a notamment été marquée par la force du témoignage de Gisèle Pelicot durant le procès des viols de Mazan. Celle qui fait aujourd'hui partie des femmes de l'année 2025 distinguées par le magazine américain Time a été droguée par son mari et victime de dizaines de viols pendant dix ans.

3919: le numéro de téléphone pour les femmes victimes de violences

Le "3919", "Violence Femmes Info", est le numéro national de référence pour les femmes victimes de violences (conjugales, sexuelles, psychologiques, mariages forcés, mutilations sexuelles, harcèlement...). C'est gratuit et anonyme. Il propose une écoute, informe et oriente vers des dispositifs d'accompagnement et de prise en charge. Ce numéro est géré par la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF).