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Critiques après un accident impliquant l'escorte de Morano

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PARIS (Reuters) - Un accident le 20 janvier à Paris impliquant un motard escortant la ministre chargée de l'Apprentissage, Nadine Morano, qui a fait...

PARIS (Reuters) - Un accident le 20 janvier à Paris impliquant un motard escortant la ministre chargée de l'Apprentissage, Nadine Morano, qui a fait un blessé, a soulevé des critiques sur les risques pris par les escortes des membres du gouvernement français.

Nadine Morano a précisé mercredi que le blessé, heurté par un motard ouvrant la voie au cortège la conduisant à l'aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris, était hors de danger après une hospitalisation.

Le cortège avait emprunté une avenue à contresens, pratique autorisée pour les escortes ministérielles, a-t-on précisé de source policière. Le jeune homme renversé avait des écouteurs sur les oreilles, ce qui laisse penser qu'il n'aurait rien entendu venir, ajoute-t-on de même source.

"Il y a eu un accident de la route, évidemment involontaire, de la part d'un motard. Un jeune homme a été blessé, il est sorti aujourd'hui de l'hôpital. Je peux vous dire que sa famille est scandalisée des propos lus dans les médias et (ces derniers) auront à répondre de ce qui a été écrit", a dit Nadine Morano à la sortie du conseil des ministres.

Le Canard enchaîné a écrit que la ministre rentrait chez elle au moment des faits, ce qu'elle dément. "J'étais en déplacement avec le Premier ministre, c'était une visite médiatisée et les escortes de motards font partie de la sécurité et de la réglementation", a-t-elle déclaré.

Ce dernier point a été contesté par Ian Brossat, président du groupe PCF-Parti de gauche au Conseil de Paris, qui a annoncé son intention de demander l'interdiction de circuler à contresens pour les ministres, parlementaires, hauts fonctionnaires, qui peuvent le faire sans avoir à justifier d'une urgence.

"Emprunter ainsi à contresens un axe de grande circulation, toutes sirènes hurlantes, pour gagner quelques petites minutes illustre une société à deux vitesses, une conception d'Ancien Régime incompatible avec notre démocratie. Ces passe-droits doivent être remis en cause et drastiquement restreints à des situations exceptionnelles", écrit-il dans un communiqué.

La Ligue contre la violence routière juge de son côté "inconcevable de mettre en danger la vie des piétons ou des motards pour des signes extérieurs de puissance".

Thierry Lévêque, avec Nicolas Bertin, édité par Patrick Vignal et Gilles Trequesser