Comment Foued Mohamed-Aggad est devenu le 3e kamikaze du Bataclan.

Foued Mohamed Aggad a été identifié comme étant le troisième homme de l'attaque du Bataclan le 13 novembre. - AFP
"Renfermé", "pieux", "influençable". C'est par ces mots que ceux qui l'ont côtoyé à Wissembourg, près de Strasbourg, décrivent Foued Mohamed-Aggad, identifié comme le troisième kamikaze du Bataclan.
Jusqu'à son départ pour la Syrie en 2013, le jeune Alsacien habitait avec sa mère, ses deux soeurs et son frère dans un quartier HLM de Wissembourg, une ville de quelque 8.000 habitants à une soixantaine de kilomètres au nord de Strasbourg. C'est à Steinseltz, un petit village à deux kilomètres de là, qu'il a passé son enfance. Les parents de Foued, divorcés depuis 2007, vivaient séparés.
Comme les deux autres assaillants du Bataclan, Omar Ismaïl Mostefaï et Samy Amimour, il s'était rendu en Syrie fin 2013 avec son frère et huit amis, dont plusieurs étaient issus du quartier sensible de la Meinau à Strasbourg. Son frère ainsi que six autres hommes sont rentrés en France et ont été incarcérés, deux autres sont morts en Syrie.
Il voulait être kamikaze en Irak
Foued Mohamed-Aggad, lui, est resté sur place, ne racontant rien de son quotidien à ses proches avec qui il a néanmoins gardé contact avec eux jusqu'à il y a quelques mois. Le jeune jihadiste faisait l'objet d'une fiche S et avait affirmé aux siens vouloir mourir en kamikaze en Irak, comme l'a expliqué l'avocate de son frère aîné sur BFMTV.
"Son projet d’être kamikaze, c’était pour l’Irak et pas du tout pour la France", explique François Cotta.
Interrogée par Le Parisien, l'avocate estime que le processus de radicalisation n'a duré que quelques mois, par l'intermédiaire d'Internet et de week-ends de "réflexion" près de Lyon, organisés par le recruteur de jihadistes Mourad Farès.
C'est la mère du jeune homme qui a permis de l'identifier comme étant le dernier kamikaze du Bataclan. "Ton fils est mort en martyr", a-t-elle appris dans un SMS en provenance de Syrie et envoyé par l'épouse de ce dernier, selon Le Parisien. Ils venaient d'avoir une petite fille.
"Grand, musclé, sportif, souriant avec tout le monde. Il avait une copine. Il était poli avec les gens. Il a essayé de rentrer dans la police, il a essayé de faire ses concours, il a fait sa préparation physique, il a essayé d'entrer dans l'armée… Il a tout bien fait mais n'a eu que des refus", décrit un de ses amis interrogé par RMC.
Pour autant, ce témoin assure "ne pas comprendre sa radicalisation directe, son passage du côté obscur". "A partir de là, ce n'est plus le Foued que l'on connaît", raconte-t-il.
Son père a affirmé qu'il ignorait jusqu'à mercredi que son fils comptait parmi les auteurs des attentats de Paris, assurant qu'il l'aurait "tué avant" s'il avait su ce qu'il préparait. "Bien sûr que je suis surpris", a dit Saïd Mohamed-Aggad.












