Cannes: snack halal ou repaire de jihadistes, le Conseil d'Etat va trancher

Le conseil d'Etat a été saisi par le ministère de l'Intérieur. - AFP
Le Must Kekab est-il un simple restaurant halal comme il en existe des dizaines dans les rues de Cannes ou un repaire pour les jihadistes et aspirants jihadistes de la cellule Cannes-Torcy? C'est à cette question que devra répondre le juge des référés du conseil d'Etat ce mercredi après la fermeture administrative décidée par les autorités.
Le 19 novembre dernier, quelques jours après les attentats de Paris, dans le cadre de l'état d'urgence, le ministère de l'Intérieur décide de la fermeture du restaurant kebab, situé boulevard de la République à Cannes. Dans le même temps, le propriétaire de l'établissement, Ziad Baya Chatti, est assigné à résidence car soupçonné de proximité avec "la mouvance salafiste".
Fiché S
Deux mesures suspendues le 18 décembre dernier par la justice. Le tribunal administratif de Nice avait en effet estimé que la proximité supposée du jeune restaurateur franco-tunisien avec "la mouvance salafiste" n'était corroborée "par aucun élément précis et caractérisé". Le ministère de l'Intérieur avait alors saisi en urgence le conseil d'Etat pour faire annuler ce jugement.
La place Beauvau justifiait sa décision par le fait que le propriétaire de l'établissement, situé en plein centre-ville de Cannes, fait l'objet d'une fiche S pour radicalisation et présente "une menace sérieuse" pour la sécurité. Le restaurateur s’était fait contrôler par la police en décembre 2013 en train de faire du sport, la nuit dans les rues de Cannes, en tenue paramilitaire "de type Qamis pakistanais".
Des clients parmi d'autres
De plus, selon les services de renseignements, ce snack était fréquenté régulièrement par trois membres de la cellule terroriste de Cannes-Torcy. Un groupe tentaculaire dont une vingtaine de membres présumés, suspectés d'avoir commis un attentat et d'en préparer d'autres, a été renvoyée devant la cour d'assises il y a quelques semaines.
Présent lundi devant le juge des référés de la plus haute administration de France, le propriétaire du restaurant kebab a reconnu que certains de ces hommes venaient dans son établissement mais "en tant que clients", parmi des centaines d'autres. "Je porte la barbe, je suis musulman pratiquant, mais je n'ai rien à voir avec ces gens-là, je condamne ces pratiques barbares", a expliqué Ziad Baya Chatti devant la justice.












