BFM

"C’était le même discours odieux": Thomas Veyret amputé après une prise en charge tardive du Samu

BFM Justine Chevalier avec Thomas Coudert
placeholder video
Téléchargez la nouvelle application BFM
Il y a un an, Thomas Veyret a été amputée de la jambe après une fracture mal prise en charge par les services de secours. Une plainte a été déposée et une demande d'indemnisation est en cours d'examen.

C'est un jeune homme toujours en reconstruction. Thomas Veyret, 21 ans, a été amputé de la jambe en février 2017 à la suite d'une mauvaise chute sur son lieu de travail. Une blessure qui a été mal prise en charge par les services du Samu contactés après l'accident. La mort de Naomi Musanga ravive la colère de sa famille.

"C’était le même discours odieux et surtout aucune empathie pour la personne, aucune considération de son état", martèle la mère du jeune homme.

"J'attends depuis un moment"

C'était le 7 février 2017. Thomas Veyret exécute des figures sur un trampoline sur son lieu de travail, un complexe sportif à Eybens, dans l'agglomération de Grenoble. Il retombe mal. Souffrant d'une fracture, sa jambe est "à l'équerre" comme il va l'expliquer à l'opérateur qui prend son appel. L'homme au bout du fil demande à l'étudiant en BTS Tourisme de remettre sa jambe lui-même. 

- "Attendez je vais doucement parce que là...", lance le jeune homme comme l'atteste un enregistrement de la conversation.
- "Allez doucement mais là j’attends depuis un moment", rétorque l'opérateur avec fermeté.

"Manque d'écoute"

"Ma jambe était complètement tordue, c’était impossible de ne pas le voir", a expliqué en novembre dernier à BFMTV Thomas Veyret. Mais surtout à cause de ce mauvais geste médical et d'une prise en charge bien trop tardive, la jambe du jeune homme n'a pas reçu d'oxygène pendant plusieurs heures. A l'hôpital, il a dû attendre 7 heures avant de passer l'angioscanner qui lui a été prescrit. Un examen qui permet de visualiser les artères et vaisseaux sanguins responsables de l'irrigation du corps en oxygène.

"La situation est commune entre l’affaire qui concerne mon client et cette jeune femme décédée, Naomi, à savoir que c’est ce manque d’écoute qui cause l’erreur médicale", estime Me Edouard Bourgin, avocat de la famille Veyret, qui a porté plainte en novembre dernier.

La conversation entre Thomas Veyret et l'opérateur du Samu n''est pas sans rappeler les propos tenus par l'opératrice qui a pris l'appel de Naomi Musenga. La jeune femme de 22 ans, souffrant alors de maux de ventre violents, a supplié l'agent du CHU de Strasbourg expliquant qu'elle allait mourir. "Oui, vous allez mourir un jour, comme tout le monde", lui a répondu l'employée du Samu avant de l'orienter vers SOS Médecin.