Bétharram: le porte-parole des victimes appelle à "rendre imprescriptibles les crimes sexuels" commis sur les mineurs

Les victimes de Bétharram pourront-elles déposer plainte sans limite de temps? C'est une des 50 mesures proposées par la commission parlementaire sur les violences en milieu scolaire, lancée après l'affaire des abus sexuels subis par des élèves de cet établissement scolaire catholique et privé.
Une proposition vivement soutenue par Alain Esquerre, porte-parole des victimes de Bétharram qui a réagi ce mercredi 2 juillet, appelant à rendre "imprescriptible les crimes sexuels commis sur les mineurs".
"À un moment où la nation est si divisée, je pense que les groupes parlementaires peuvent unanimement se rassembler sur cette question", affirme Alain Esquerre. Interrogé, le porte-parole avait décrit la question de prescription comme étant "la plus insupportable pour les victimes".
"Un voeu extrêmement fort" pour les victimes
En outre, les députés veulent lancer une mission parlementaire transpartisane chargée de propositions pour rendre imprescriptibles "certaines infractions commises sur les mineurs", "un voeu extrêmement fort" des victimes, a commenté la rapporteuse de la commission Violette Spillebout.
"Ce n'est pas normal (...) qu'on ait le surveillant général Damien S. qui continue à se promener dans les rues en Bretagne alors qu'il est frappé par près de 103 plaintes à ce jour. Pour moi c'est vraiment une priorité", s'est insurgé Alain Esquerre.
Pour le moment, les victimes de Bétharram, qui étaient écoliers au moment des faits, sont contraintes de respecter le délai de prescription pour déposer plainte. Si une victime d'une agression sexuelle est mineure au moment des faits ou victime d'atteintes sexuelles, le délai de prescription pouir porter plainte est de 10 ans à partir de la majorité de la victime. Pour un viol, la prescription est réhaussée à 30 ans, selon le site officiel de l'administration française.
"Je crois beaucoup aux victimes qui se prennent en main et qui ont envie d'apporter ce trésor mémoriel", a conclu Alain Eszquerre qui assure que "la plupart de victimes sont consensuelles et ont envie d'avancer de façon positive".
Au total, 200 plaintes ont été déposées depuis le 31 janvier 2024 pour des violences physiques et sexuelles dans cet établissement catholique privé sous contrat, situé au sud de Pau.













