Autopsie, analyses, piste du lait infantile potentiellement contaminé... Ce que l'on sait de la mort d'un bébé d'un mois à Angers

Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte après la mort d'un bébé de 27 jours près d'Angers (Maine-et-Loire) le 23 décembre dernier, a indiqué le procureur de la ville Éric Brouillard.
Si dans les premiers temps, l'autopsie n'a pas permis de déterminer les causes du décès de la petite fille, la piste du lait infantile potentiellement contaminé est considérée comme "sérieuse" par le procureur.
Depuis plusieurs semaines, un vaste rappel de lots de laits infantiles a été opéré par Nestlé, puis Lactalis, à cause de la présence potentielle d'une toxine nommée "céréulide", qui peut être produite par des bactéries. Cette dernière peut causer des vomissements, parfois des diarrhées, et dans certains cas, des complications très graves.
• Le nourrisson meurt le 23 décembre
La mère de ce bébé, une petite fille âgée seulement de 27 jours, l'a retrouvée morte vers 7 heures du matin, le 23 décembre, selon nos informations.
L'enfant avait pris un dernier biberon de lait de la marque Guigoz vers 3 heures, soit seulement quelques heures avant son décès et avait eu quelques régurgitations.
À ce stade, une source judiciaire indique à BFM que le nourrisson ne souffrait d'aucune pathologie particulière.
• Une enquête ouverte
Après le décès du bébé, une enquête en recherche des causes de la mort est ouverte par le parquet d'Angers.
Une autopsie a été réalisée rapidement après la mort du nourrisson, mais elle n'a pas permis d'établir les raisons du décès.
Toutefois, l'hypothèse d'un syndrome asphyxique a été écartée, a appris BFM.
• La piste du lait infantile étudiée
Le 20 janvier, alors que le rappel de plusieurs lots de laits infantiles est médiatisé, la mère de la fillette se rend dans un commissariat avec une boîte de lait bu par sa fille avant sa mort afin de la montrer aux enquêteurs. La boîte concernée appartient à l'un des lots qui a été rappelé.
Le parquet, informé le 22 janvier, lance immédiatement des analyses sur le lait, mais aussi des analyses toxicologiques et anatomopathologiques (l'étude des altérations organiques des tissus et des cellules provoquées par la maladie). Ces analyses sont toujours en cours.
Éric Bouillard, procureur d'Angers, assure que le lait consommé constitue une "piste sérieuse", mais qu'il est "beaucoup trop tôt pour dire que c'est la piste principale".
• Une soixantaine de pays concernés par le rappel
Le rappel effectué par Nestlé concerne une soixantaine de pays parmi lesquels la France. Le patron du groupe suisse, Philipp Navratil, a présenté des excuses à la mi-janvier, alors que Nestlé est accusé par certaines ONG d'avoir tardé à prendre des mesures.
Mercredi, le groupe français Lactalis a également annoncé un vaste rappel de lait infantile dans plusieurs pays, notamment la France, la Chine, l'Australie et le Mexique.
Selon les ministères de l'Agriculture et de la Santé, ce retrait est, comme pour celui de Nestlé, lié à un ingrédient soupçonné d'être source de la contamination, "une huile riche en acide arachidonique utile au bon développement des bébés, produite par un fournisseur chinois".
La ministre de la Santé Stéphanie Rist a assuré ce vendredi matin sur BFMTV que "tous les lots concernés ont été retirés du marché". Une deuxième enquête a été ouverte à Bordeaux concernant la mort d'un autre nourrisson.













