Après les attentats, ils ont décidé de s'engager dans l'armée

Mille cinq cents inscriptions quotidiennes sur le site sengager.fr, contre 500 avant le 13 novembre. Depuis les attentats, l'armée attire un nombre record de candidats. Au Cirfa (Centre d'information et de recrutement des forces armées) de Montpellier, le bureau de recrutement de l'armée de terre a accueilli 150 personnes, soit trois fois plus que d'habitude. Pour la plupart des jeunes venus se renseigner sur les carrières militaires, les attentats ne sont pas la motivation principale de l'engagement, mais plutôt un déclic qui les pousse à concrétiser une idée déjà installée.
"J'ai toujours voulu m'engager, mais je ne le faisais pas, pour des raisons personnelles", explique Germain, 24 ans. "Mais suite à ce qu'il se passe, oui, j'ai envie de participer. Les événements de janvier et novembre me donnent envie d'aller jusqu'au bout de ma procédure d'engagement, et d'aller me battre contre le terrorisme".
Après les attentats de janvier, déjà, certains avaient envisagé de s'engager. C'est la soirée de vendredi dernier qui les a décidés. "J'y pensais déjà en début d'année, après les premiers événements qui avaient atteint Charlie Hebdo, et ces deuxièmes événements m'ont poussé encore plus à venir ici aujourd'hui", raconte Morgan, 24 ans. Une façon de se sentir utile, de participer à assurer la sécurité des Français, selon lui: "Je pense qu'on a tous une initiative à prendre après ces événements."
Des profils différents
Outre le nombre plus élevé de visiteurs, ce qui marque surtout le commandant Gilles, c'est leur profil. "Habituellement, notre cible, ce sont des jeunes entre 17 et 29 ans, soit l'âge légal pour s'engager", explique-t-il. "Depuis les attentats, nous avons vu défiler des profils beaucoup plus divers, même des personnes de plus de 40 ans. Mais nous ne pouvons donner suite, même dans la réserve l'âge maximum est de 35 ans".
Le major Alexis Baer, qui s'occupe du recrutement pour l'armée de l'air, n'a pas accueilli plus de candidats, mais remarque également que les visiteurs ont un profil un peu différent. "Ce sont des personnes qui veulent plutôt rejoindre notre institution dans le cadre de la réserve citoyenne ou opérationnelle".
Florian fait partie de ces personnes. Il était au Stade de France, vendredi 13 novembre, quand les explosions ont retenti. Un événement qui l'a marqué et l'a poussé à se porter volontaire pour la réserve: "Toute cette panique m'a fait me rendre compte que la situation est vraiment grave. Sans ça, je n'aurais peut-être pas pris cette décision".
Tous les visiteurs qui poussent la porte des centres de recrutement ne s'engageront pas forcément. L'armée s'attend à recevoir 160.000 candidatures, dont moins de 17.000 déboucheront effectivement sur un engagement. Et pour ceux-ci, il faudra passer une série d'étapes avant de se rendre sur le terrain: trois mois minimum, selon le commandant Gilles.












