Amine Kessaci appelle à la création d'une "convention citoyenne" pour lutter contre le narcotrafic à Marseille

Un mois après l'assassinat de son petit frère Mehdi, tué à Marseille le 13 novembre dernier, Amine Kessaci appelle ce lundi 15 décembre à la création d'une "convention citoyenne" pour lutter contre le narcotrafic.
"Et si on créait une convention citoyenne de lutte contre le narcotrafic. Et si on donnait la parole aux professionnels, aux consommateurs, aux habitants de ces quartiers pour écrire un plan national de lutte?", s'interroge le militant marseillais sur BFMTV.
"La solution est entre les mains de celles et ceux qui vivent ces drames au quotidien", affirme-t-il.
Le 13 novembre, la famille Kessaci a été de nouveau endeuillée par l'assassinat en plein jour à Marseille de Mehdi Kessaci, petit frère d'Amine connu pour son engagement contre le narcobanditisme. Ce jeune de 20 ans, inconnu des services de police et de justice, avait pour projet de devenir gardien de la paix.
"Point de bascule"
La mort du jeune Mehdi a suscité une émotion collective dans le pays. De nombreuses personnalités politiques y ont vu un "point de bascule" visant à intimider le militant marseillais.
"J'estime que le point de bascule n'est pas au 13 novembre dernier, mais lorsque la police de proximité a déserté les quartiers sur décision de Nicolas Sarkozy, lorsqu'on a décidé de ne plus investir dans le social, lorsqu'on a décidé de retirer les contrats d'adulte relais aux associations. C'est tout ça le point de bascule", analyse Amine Kessaci.
Malgré tout, "si l'on veut garantir le seuil d'État de droit qui reste dans les quartiers (...) le changement doit être général et global avec une réponse sécuritaire", poursuit le militant qui en appelle à "une révolution sociale".
Sur le champ d'action des autorités françaises, Amine Kessaci insiste: "la question du narcotrafic, ce n'est pas la question franco-marseillaise, c'est une question internationale". Dans le viseur du militant marseillais: les réseaux du narcobanditisme gérés parfois depuis l'étranger.
"Ça doit nous amener à prendre la guerre contre le narcotrafic dans sa globalité", affirme Amine Kessaci, dénonçant "l'esclavage" des jeunes dealers. "Il faut que la jeunesse se délivre de cette forme d'esclavage du narcotrafic".
Accompagnement des familles de victimes
En parallèle de la création d'une convention citoyenne, Amine Kessaci souhaite alerter sur l'accompagnement des familles des victimes. "Il y a des dispositifs exceptionnels qui se sont enclenchés (...) mais ces dispositifs exceptionnels doivent devenir des dispositifs systématiques", souligne le militant.
"Je connais des familles qui vivent encore sur le lieu où leur enfant a été assassiné. Et donc le volet de l'accompagnement des familles de victimes est, je pense, le grand oublié qu'on a pu avoir ces dernières années", avertit Amine Kessaci.
Face à l'ombre du narcotrafic plane sur Marseille, le président de la République Emmanuel Macron a assuré dans un entretien à la Tribune du Dimanche que "l'État gagnera cette bataille". Il est attendu ce mardi pour visite dans la cité phocéenne ce mardi.













