Alex Ursulet, ex-avocat de Guy Georges, acquitté dans son procès pour viol sur une stagiaire
L'avocat français Alex Ursulet s'adresse aux journalistes au tribunal de Bobigny, au nord de Paris, le 27 mai 2016 - FRANCOIS GUILLOT © 2019 AFP
L'avocat Alex Ursulet a été acquitté samedi 15 novembre au soir par la cour criminelle de Paris des accusations de viol d'une stagiaire dans son cabinet parisien en janvier 2018.
L'accusé, âgé de 68 ans, avait répété qu'il était "innocent" dans ses derniers mots avant le délibéré. Si les juges ont estimé qu'il y avait bien eu un rapport sexuel, ils ont relevé que son intention de commettre un viol n'avait pu être établie.
"Une décision cynique"
"C'est une décision cynique qui appelle nécessairement un nouveau procès", a commenté l'avocat de la plaignante, Me Thibault Lafourcade, appelant de ses voeux un appel du parquet général auquel la défense a dit s'attendre.
Au terme d'un réquisitoire très dur, l'avocat général Philippe Courroye avait réclamé treize ans de réclusion criminelle, ainsi qu'une incarcération immédiate.
Alors qu'Alex Ursulet avait toujours nié une quelconque relation d'ordre sexuel avec sa stagiaire alors âgée de 25 ans, un de ses avocats, Luc Brossolet, avait infléchi la défense de son client, plaidant l'hypothèse d'une "relation malheureuse dominant-dominée dans laquelle" la plaignante serait d'abord rentrée de son plein gré avant de souhaiter s'en sortir.
Ce "jeu", certes, "n'a pas laissé indemne" la plaignante, qui a choisi d'en sortir en quittant le cabinet dès le lendemain des faits. Mais il était consenti, avait-il poursuivi. Et dans ce contexte, selon Me Brossolet, rien ne pouvait indiquer à Alex Ursulet que "les pénétrations alléguées" ne l'auraient pas été.
Pour condamner, il "faut une certitude à la hauteur" de la peine demandée, selon Me Fanny Colin, autre conseil d'Alex Ursulet. Or ici, "il existe un doute plus que raisonnable", avait-elle plaidé. Alex Ursulet a été cloué "au pilori de l'infamie, pire au pilori du viol", avait renchéri Me Edouard Martial, autre avocat de l'accusé
Jeudi, à l'audience, la plaignante, devenue avocate, avait raconté en détail le viol et sa "sidération". Le crime serait survenu après un déjeuner au restaurant à l'initiative de l'avocat, qui aurait dévié sur sa sexualité.
"Quand elle pousse la porte du cabinet" trois semaines plus tôt, "elle vient pour apprendre" un métier "dont elle a rêvé depuis longtemps", aux côtés d'un ténor qu'elle "idéalise". Ce n'était "pas pour répondre à des questions sur sa sexualité", "encore moins pour être" violée, avait commenté l'avocat général Philippe Courroye.












