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Affaire Sarah Halimi: Dupond-Moretti se dit "totalement en phase" avec la demande de Macron

BFM Esther Paolini , Journaliste BFMTV
Eric Dupond-Moretti, le 1er mars 2021 à Paris.

Eric Dupond-Moretti, le 1er mars 2021 à Paris. - Bertrand GUAY / AFP

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Le garde des Sceaux a confirmé au micro de RTL ce mercredi être en train de travailler à une "modification législative" sur l'irresponsabilité pénale, en réaction à l'affaire de Sarah Halimi.

Eric Dupond-Moretti est "totalement en phase" avec Emmanuel Macron. Interrogé au micro de RTL ce mercredi au sujet de la demande du chef de l'Etat de faire évoluer la loi sur l'irresponsabilité pénale, dans le cadre de l'affaire Sarah Halimi, le garde des Sceaux a confirmé que lui et ses équipes travaillaient à une "modification législative".

"La Cour de Cassation a respecté le droit"

Mercredi dernier, la Cour de Cassation a rejeté le pourvoi des avocats de la famille de Sarah Halimi, confirmant ainsi la décision de la cour d’appel de Paris de décembre 2019 sur l'irresponsabilité pénale du meurtrier de cette retraitée juive de 65 ans. L'absence de procès pour ce violent meurtre suscite depuis une vive émotion. Invité à réagir, le ministre de la Justice a déclaré au micro de RTL:

"La Cour de Cassation a respecté le droit. Le problème est que le droit permet à ce que l’on retienne l’irresponsabilité d’un homme, au motif qu’il aurait consommé des produits psychotropes."

Il faut toutefois nuancer les propos du garde des Sceaux. La justice n'a pas déclaré Kobili Traoré irresponsable pénalement parce qu'il avait consommé de la drogue. La cour d'appel a conclu, sur la base de trois expertises médicales, que le jeune homme était "irresponsable pénalement" en raison d'un trouble psychique au moment des faits, en l'occurrence "une bouffée délirante aiguë", reconnue en psychanalyse depuis le XIXe siècle.

Ce trouble est apparu sur fond de forte consommation de cannabis depuis plusieurs années, mais c'est bien le trouble psychique lui-même que les experts ont analysé, pas les facteurs qui ont favorisé son apparition.

"Les fous, il faut les soigner"

"Je suis totalement en désaccord avec l’idée que l’on puisse juger des fous, c’est ce que l’on faisait au Moyen-Âge. Les fous il faut les soigner", a ajouté Eric Dupond-Moretti .

Dimanche, Emmanuel Macron a déclaré dans les colonnes du Figaro, qu’il souhaitait que "le garde des Sceaux présente au plus vite un changement de la loi."

"Le président de la République s’est longuement expliqué et je suis totalement en phase avec lui, a fait savoir ce mercredi le ministre. Ma méthode est de travailler et de parler ensuite et de ne pas dire n’importe quoi. Je travaille à une modification législative sur ce point, je vous ferai part des fruits de ma réflexion et de mon travail, d’ores et déjà lancé."

Le ministre n'a pas précisé si cette évolution législative serait présentée dans son projet de loi de confiance en l'institution judiciaire, examiné à l'Assemblée nationale à partir de début mai.