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Accusé du meurtre de son complice après être tombé amoureux de leur captive: 18 ans de prison requis

BFM G.D. avec AFP
Le fronton d'une cour d'assises avant un procès. (Illustration)

Le fronton d'une cour d'assises avant un procès. (Illustration) - Jean-Pierre Clatot - AFP

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La cour d'assises de Bobigny a requis 18 mois de prison contre un homme, accusé d'avoir tué et démembré son complice, alors qu'ils avaient enlevé une femme pour obtenir une rançon.

Il est accusé d'avoir tué et démembré son complice après être tombé amoureux d'une jeune femme enlevée pour obtenir une rançon: 18 ans de réclusion criminelle ont été requis contre un Chinois qui nie le meurtre, vendredi, lors de son procès en appel à Bobigny.

L'avocat général a requis devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis la confirmation de la condamnation infligée en première instance en 2014.

Le 9 juin 2011, les parents d'une Chinoise de 22 ans vivant en France reçoivent une demande de rançon: cinq millions de yuans, soit 500.000 euros, en échange de la libération de leur fille.

Les morceaux de corps jamais retrouvés

Après cinq jours de captivité dans un petit appartement du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), la jeune femme réapparaît, sans qu'une rançon n'ait été payée. La captive raconte alors aux policiers qu'un de ses ravisseurs est tombé amoureux d'elle, a tué et découpé son complice au hachoir avant de la libérer.

Selon son récit, les morceaux du corps ont été placés dans des sacs poubelle et des valises, jetés dans des conteneurs aux alentours. Ils n'ont jamais été retrouvés.

Impliqué dans la séquestration malgré lui

En revanche, les analyses ont révélé dans l'appartement de nombreuses traces de sang, avec l'ADN du complice, qui n'a plus jamais donné de nouvelles.

Comme en première instance, l'accusé, désormais âgé de 38 ans, s'est défendu en expliquant s'être trouvé impliqué malgré lui dans la séquestration de la jeune femme. Surtout, quand il est sorti de l'appartement avec la captive au soir du 13 juin, son complice était selon lui en train "de ronfler" après avoir beaucoup bu.

L'avocat général a déclaré avoir la "conviction absolue" que le complice est mort la veille, et que l'accusé a commis un "meurtre crapuleux pour se protéger de représailles".

"Comment on a pu en arriver là"

La partie civile était absente pendant le procès: la victime de l'enlèvement, retournée en Chine, n'a pas souhaité témoigner et la compagne du disparu n'avait pas été tenue informée des suites de l'enquête.

Moment de flottement, jeudi, lorsque cette dernière apparaît à la barre après avoir été retrouvée pour témoigner : elle explique ne pas savoir pourquoi l'accusé est dans le box et le lien qu'il peut y avoir avec la disparition de son ancien compagnon et père de son petit garçon.

"Je dis à son fils que papa est parti et qu'il n'est pas encore rentré", explique-t-elle en mandarin, traduite par un interprète, semblant ne pas envisager qu'il soit mort.

L'avocat général a dit vendredi "ne pas comprendre comment on a pu en arriver là".