A son procès, Eric Raoult nie toute violence sur sa femme

L'ancien ministre UMP Eric Raoult est accusé de violences conjugales - -
Eric Raoult, maire UMP du Raincy, a démenti jeudi toute violence conjugale sur sa femme, dont il est aujourd'hui séparé, à son procès devant le tribunal correctionnel de Bobigny.
"Oui, il y a eu des insultes. Mais je ne l'ai pas frappée", a dit d'une voix calme l'ex-député de Seine-Saint-Denis, âgé de 57 ans. "Je sais maîtriser ma force", a-t-il ajouté, évoquant des "disputes" liées à l'attitude de sa femme dont il était en instance de séparation.
"Parfois, elle était habillée d'une manière très provocatrice. Quand un jeune d'à côté vient vous dire, putain, elle est bonne, ta femme, ça surprend !", a raconté Raoult. "La femme d'un maire n'est pas une personne comme les autres", a-t-il ajouté.
"Il ne m'a pas donné de coups avec violence"
Invitée à la barre, son épouse, Corinne Raoult a également minimisé les accusations portées à l'encontre de son mari, revenant, à la surprise du tribunal, sur certaines de ses déclarations faites durant l'enquête.
"Je pense que nous avons perdu notre sang-froid", a expliqué Corinne Raoult, veste de cuir noir, talons aiguille et cheveux blonds coupés court. "Mon mari est un homme qui s'emporte facilement. Il dit parfois des choses qui dépassent sa pensée et ses actes", a-t-elle déclaré.
"Il y a un décalage entre votre plainte et ce que vous dites aujourd'hui", a relevé médusé, le président du tribunal. "Vous a-t-il alors donné des gifles?" lui a-t-il demandé.
"Il ne m'a pas donné de coups avec violence", a reconnu l'épouse du maire.
Jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende
L'ancien ministre de la Ville est accusé d'avoir giflé, bousculé et insulté son épouse à plusieurs reprises entre décembre 2011 et octobre 2012. Jugé pour "violences sur conjoint" et "menaces ou actes d'intimidation", il encourt une peine de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.
Eric Raoult, qui a perdu en juin son siège de député, nie toute violence physique sur sa femme. "Je l'ai insultée, c'est vrai. Mais dire à son épouse, qui a 15 ans de moins que vous, tu t'habilles comme une salope, ce n'est pas une violence conjugale", avait-il assuré, le 10 octobre, sur Europe 1.
L'élu connaît depuis plusieurs mois des problèmes de santé, qui lui ont valu d'être hospitalisé, notamment l'été dernier, après un accident vasculaire cérébral survenu dans sa mairie du Raincy. Son procès, initialement prévu fin novembre, avait été renvoyé pour des raisons médicales.












