"Je n'en dors pas depuis plusieurs jours": Sonia Mabrouk revient sur le maintien de Jean-Marc Morandini à l'antenne de CNews

La journaliste Sonia Mabrouk avant son audition par la commission d'enquête parlementaire sur les fréquences TNT le 29 février 2024 - Dimitar DILKOFF © 2019 AFP
"La décision de maintenir Jean-Marc Morandini, c'est une décision qui ne m'appartient pas. C'est la direction de CNews qui a assumé cette décision par fidélité, semble-t-il à son égard". S'exprimant face au député socialiste Jérôme Guedj ce mardi 20 janvier, Sonia Mabrouk, tête d'affiche de la chaîne CNews, revient sur la condamnation du présentateur pour "corruption de mineur".
Réaffirmant son "respect pour (sa) direction, (sa) hiérarchie", Sonia Mabrouk, a indiqué qu'"en aucun cas, ça ne vaut de cautionner cela". "En aucun cas c'est une complaisance morale, par rapport à ce dont nous parlons et qui est d'une gravité réelle".
"Il n'a pas été condamné pour ne plus exercer sa profession", a-t-elle cependant ajouté. "CNews, c'est ma chaîne de cœur et je vais vous le dire avec le cœur. Je suis une femme libre, une citoyenne, une mère de famille, je suis personnellement engagée dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes".
"Je pense ce matin, comme vous et avec vous, aux victimes quelles qu'elles soient, et aux victimes les plus jeunes, je pense aux mineur".
"On assume complètement"
"Je parle en mon nom ce matin, je n'avais pas prévu que vous alliez me solliciter", a-t-elle ajouté, face à Jérôme Guedj. "Votre question est légitime, j'avoue que je n'en dors pas depuis plusieurs jours".
"On assume complètement" le maintien à l'antenne de CNews de l'animateur Jean-Marc Morandini malgré sa condamnation définitive pour "corruption de mineurs", a déclaré jeudi 15 janvier le directeur général de Canal+ France, Gérald-Brice Viret.
"Il n'est en contact avec aucun mineur à CNews", et ce "depuis très longtemps", a-t-il souligné devant l'Association des journalistes médias.
Pour rappel, la cour d'appel de Paris avait prononcé contre Jean-Marc Morandini une peine de deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende. La justice avait en outre prononcé contre lui une interdiction définitive d'exercer une profession en contact avec des mineurs et confirmé son inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.
Le Morandini Live a repris normalement sur la première chaîne info de France, qui appartient au groupe Canal+, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, avec plusieurs sujets sur la délinquance.
"Départ dans indemnité"
Dans un communiqué, le syndicat +Libres de Canal+ a demandé "le départ sans indemnité de Jean-Marc Morandini", comme la direction de la chaîne alors appelée iTélé s'y était engagée en 2016 en cas de condamnation.
Le syndicat a pointé une "remise en cause de la crédibilité de notre groupe dans sa politique de responsabilité sociale et environnementale", une "atteinte à son image" et un "impact sur la fierté d'appartenance des collaborateurs".
+Libres appelle les salariés, les personnalités et sportifs passant sur les chaînes du groupe à "faire entendre leur voix face à une situation susceptible de heurter leurs valeurs ou leur conscience".











