Après avoir vécu dans un ours, il s'enferme dans un bloc de pierre

En 2014, Abraham Poincheval était resté 12 jours dans un ours naturalisé. - Thomas Samson - AFP
Claustrophobes, s'abstenir! A 14 heures ce mercredi au Palais de Tokyo à Paris l'artiste français Abraham Poincheval va s'enfermer pour huit jours dans un bloc de pierre de douze tonnes. Dans ce rocher, une cavité en forme de silhouette humaine assise a été découpée afin qu'il puisse se tenir à l'intérieur.
Il ne sera relié à l'extérieur que par un conduit de ventilation percé à travers la pierre et par un téléphone de secours. Un appareil transmettra son rythme cardiaque. Côté nourriture, l'artiste-performeur devra se contenter d'un peu de viande séchée et des briques de liquide.
Enfermé dans un ours ou dans une bouteille
"Il s'agit d'éprouver le temps du rocher", explique Abraham Poincheval, né en 1972, qui reconnaît la "dimension mystique" de ce type d'expérience. Plus que d'exploit, estime le président du Palais de Tokyo, Jean de Loisy, il faut parler d'"exploration intérieure", de "possibilité de vie dans d'autres règnes que le nôtre".
Abraham Poincheval est coutumier de ces performances dans lesquelles il repousse les limites physiques et mentales. En 2014, il s'était illustré en s'enfermant à l'intérieur d'un ours naturalisé pendant douze jours au musée de la chasse et de la nature à Paris. L'artiste a également déjà passé une semaine sur une plate-forme à 20 mètres au dessus du sol, traversé les Alpes-de-Haute Provence en poussant un cylindre qui était à la fois un abri et un appareil photo. L'été dernier, il avait aussi remonté le Rhône à bord d'une bouteille géante de 6 mètres de long.
Couver des oeufs: son prochain projet
Si Poincheval a toujours été jusqu'au bout de ses performances, la sortie reste un moment délicat, marquée par une "journée de déprime", de "grands troubles intérieurs". "Il faut plusieurs semaines pour retrouver son temps propre", parfois plusieurs mois, confie ce père de deux jeunes enfants. Une fois sorti de son rocher, Abraham Poincheval n'en aura pas fini avec le Palais de Tokyo qui expose ses sculptures, des aquarelles et des dessins de préparation de ses performances.
Le 29 mars, il entamera la couvaison d'une dizaines d'oeufs de poule, "son premier travail avec du vivant". 26 jours impassible sous un caparaçon en essayant de maintenir une température moyenne de 37 degrés, le tout filmé en vidéo 24h sur 24. En espérant l'éclosion de quelques poussins - "ils iront chez mes parents" -, Poincheval pourra penser à son grand rêve : "marcher sur les nuages". "Cela fait cinq ans que j'y travaille, dit-il, mais ce n'est pas encore au point".











