"Sean Combs: l'heure des comptes": les révélations du documentaire sur P. Diddy, produit par 50 Cent
Affiche du documentaire "Sean Combs: The Reckoning". - Netflix
L'affaire P. Diddy retracée dans un documentaire. Sean Combs: l'heure des comptes. sur Netflix, ce mardi 2 décembre, revient sur le parcours du rappeur et magnat de l'industrie, condamné à plus de quatre ans et deux mois de prison en octobre dernier pour des faits de violences sexuelles.
Réalisée par Alexandria Stapleton et produite par le rappeur et producteur 50 Cent, cette série documentaire en quatre parties se veut le "portrait saisissant du magnat des médias, légende de la musique et criminel" à partir de témoignages et d'images d'archives jusqu'alors inédits.
Dès le premier épisode, Sean Combs: l'heure des comptes plonge ainsi dans les décennies durant lesquelles le rappeur a régné en maître sur le hip-hop américain, notamment grâce à son label Bad Boy Entertainment, avec lequel il a façonné les carrières de nombreux artistes et bâti un empire culturel et commercial considérable.
Les zones d'ombre de l’empire Diddy
Mais ce documentaire s'attache cependant à montrer l'envers du décor: le pouvoir, les intérêts financiers, la machine industrielle qui ont contribué à construire l'image d'un homme devenu quasiment intouchable. Le récit souligne également comment son influence a pu laisser prospérer un système d’abus, de domination et de silence.
Contrairement aux nombreux autres reportages sur le sujet sortis depuis les premières plaintes à l'encontre du rappeur, Sean Combs: l'heure des comptes se distingue grâce aux nombreuses images archives inédites qu'il contient.
Dès les premiers minutes du premier épisode, on voit Diddy, filmé à sa demande par un vidéaste, six jours avant son arrestation, en train se préparer dans sa chambre d'hôtel à New York, au téléphone avec son avocat, Marc Agnifilo.
Lors de cet échange tendu, P. Diddy reconnaît notamment que lui et son équipe sont "en train de perdre" et demande à son avocat de se rapprocher de quelqu'un qui "a de l'expérience dans les pires affaires de propagande médiatique" pour tenter de sauver son image.
"Il nous faut quelqu’un qui accepte de se salir les mains avec nous et qui a déjà fait du 'très sale'. (...) Je me prends huit bombres nucléaires en pleine tête là", confie-t-il lors de cet appel.
"On va raccrocher et je vous laisse analyser la situation entre professionnels pour me proposer une solution. Là, vous ne collaborez pas comme il faut. On va perdre", conclut-il.
Le rôle clé des témoins
Produit par 50 Cent, Sean Combs: l'heure des comptes regorge également de témoignages inédits. "J'ai commencé à y travailler en rassemblant des personnes qui souhaitaient s'exprimer et dire la vérité. Elles savaient que je n'aurais aucun problème avec ce qu'elles diraient, quoi qu'il arrive", a indiqué le rappeur et producteur auprès du média Deadline.
Dans le documentaire, on retrouve notamment des amis d'enfance de Diddy qui affirment que l'artiste aurait été victime de violences de la part de sa mère, Janice, dans son enfance. Contacté, Janice Combs n'a toutefois pas souhaité réagir à ces allégations.
D'anciens employés, collaborateurs et personnalités de l'industrie de la musique qui ont côtoyé Diddy (le rappeur et producteur Erick Sermon, l'artiste Al B. Sure!...) dressent également le portrait d'un homme autoritaire, manipulateur et obsédé par le contrôle.
Mais le documentaire met avant tout en lumière les nombreuses victimes de P. Diddy, qui témoignent à visage découvert, à l'instar de Joi Dickerson-Neal - parmi les premières à avoir porté plainte contre le rappeur - le producteur Lil Rod ou Kirk Burrowes avec qui il avait fondé Bad Boy Records.
On y apprend ainsi que la mère de Joi Dickerson-Neal a écrit aux parents de Sean Combs pour leur raconter ce que le rappeur avait fait à sa fille (il avait en sa possession une vidéo d'un rapport non-consenti entre lui et Joi Dickerson-Neal, filmée à son insu). Un courrier que la plaignante dévoile dans son intégralité face caméra.
Sean Combs: l'heure des comptes donne aussi la parole à deux jurés du procès de Diddy, qui viennent éclairer le verdict de l'affaire: Sean Combs a été déclaré non coupable des accusations les plus graves, à savoir association de malfaiteurs et trafic sexuel.
"Une production honteuse et clinquante"
À peine diffusé, le documentaire, riche en révélations et déjà très commenté, a attiré l’attention du principal concerné. Depuis sa cellule du New Jersey, où il purge une peine de plus de quatre ans de prison, Sean Combs, a dénoncé "une production honteuse et clinquante".
Par l'intermédiaire de son représentant, le rappeur et producteur a notamment remis en cause la présence de 50 Cent à la tête du projet, rappelant qu’il s’agit de l’un de ses rivaux de longue date dans l’industrie musicale et que cette inimitié rendrait, selon lui, le documentaire biaisé.
"C’est choquant que Netflix ait laissé carte blanche à Curtis Jackson, un rival de Sean Combs qui entretient une vendetta contre lui, et le traîne dans la boue depuis des années", a déclaré son représentant.
Dans un entretien accordé au magazine GQ, 50 Cent s'est défendu en affirmant que sa participation au projet n'était pas dictée par un désir de vengeance, mais plutôt par la volonté d’éviter que les accusations visant Diddy ne viennent entacher la culture rap.
Depuis sa cellule, P. Diddy affirme également que ce documentaire utiliserait des "images volées" qu'il accumulait depuis ses 19 ans pour "raconter sa propre histoire" et "dont la diffusion n’a jamais été autorisée".
De son côté, la réalisatrice, Alexandria Stapleton a coupé court à ces allégations, affirmant, dans un communiqué de Netflix, que ces images ont été obtenues "de manière légale" et que les équipes du documentaire disposaient de "tous les droits nécessaires" pour les utiliser.











