La publication d'images de "Dragon Ball" menacée sur Twitter?

Son Goku, le héros de "Dragon Ball" au Tokyo Game Show en spetembre 2019. - Charly Triballeau - AFP
Pour protéger des pirates le manga Dragon Ball et ses oeuvres dérivées, la Shūeisha, célèbre maison d'édition détentrice des droits de la série d'Akira Toriyama, aurait durci sa politique de copyright.
Plusieurs utilisateurs de Twitter ont en effet découvert à leur réveil vendredi dernier, que toute utilisation d'image, de gif, de mème ou de fanart du manga et de ses multiples séries animées dérivées leur faisait encourir d'être bloqué, puis banni du réseau social pour cause de violation de copyright.
Face aux conséquences un peu ubuesques de cette situation - le compte de Fenyo, dessinateur officiel de la Shūeisha et de la Toei, connu pour ses illustrations de Dragon Ball, a lui aussi été supprimé -, l'information a rapidement été relayée par les médias, dont BFMTV.com.
Une streameuse visée
Comme l'a expliqué l'internaute @newworldartur, lui-même victime de cette campagne de blocage, cette information serait en réalité un hoax, une fake news diffusée sur Internet.
En se penchant sur la plainte, il a découvert qu'elle émanait d'un internaute malveillant, qui a profité des faiblesses du système de copyright de Twitter pour s'attaquer à une célèbre streameuse, Jessix.
Dans une vidéo disponible sur son compte Twitter, Jessix explique ainsi comment elle a mis à jour cette fausse plainte de la Shūeisha. Et démontre comment un internaute a pu détourner le système de copyright pour s'en prendre à elle.
Ces prétendues plaintes de la Shūeisha interviennent dans un contexte particulier au Japon, celui de l'entrée en vigueur d'une révision de la loi contre le piratage de mangas, avec des peines désormais plus strictes.
Dans ce contexte, ces plaintes apparaissaient tout à fait plausibles, d'autant que la Shūeisha est échaudée par les fuites des derniers chapitres de Dragon Ball Super et du 1000e chapitre de One Piece, une autre œuvre phare de son catalogue.
Le bon souvenir de Moulinsart
Cette affaire a inspiré de nombreuses plaisanteries sur Twitter. Certains ont par exemple partagé des dessins volontairement approximatifs des héros de Dragon Ball, tandis que Nanarland, le site des mauvais films sympathiques, a publié des images d'adaptations non officielles du manga en se demandant: "Du coup est-ce qu'on a encore le droit de poster des images des Dragon Ball coréens et philippins?"
Cette affaire a aussi rappelé à beaucoup d'internautes le bon souvenir de Moulinsart, société détentrice des droits de Tintin connue pour son caractère particulièrement procédurier: "On vit désormais dans un monde où c'est moins risqué juridiquement de poster des images de Tintin que des images de Dragon Ball. Pas terrible ce début de 2021", a résumé le twittos TheFrenchPhenom.











