Nicki Minaj boycottée par ses fans pour son soutien à Donald Trump

Nicki Minaj affiche, de plus en plus, son soutien au président Donald Trump et multiplie les déclarations controversées à l'encontre des minorités. Une position qui surprend et froisse jusque dans son propre public. Dernier exemple en date: dimanche 21 décembre, lors de l'AmericaFest, un rassemblement annuel de la jeunesse ultra conservatrice à Phoenix, en Arizona.
Dans cet événement organisé par Turning Point USA, proche de la mouvance du militant d'extrême-droite Charlie Kirk, la rappeuse de 43 ans n'a pas tari d'éloges sur le Président américain, qu'elle a qualifié de "séduisant et irrésistible", face à un public acquis au mouvement MAGA.
"J'ai le plus grand respect et la plus grande admiration pour notre président. Donald Trump et J.D. Vance, je les apprécie tous les deux. Ils sont tous les deux des hommes puissants, intelligents et forts."
Au-delà de ces compliments à l'administration Trump "pleine de gens qui ont du cœur et de la générosité", la rappeuse a tenu des propos controversés, en particulier sur le genre. "Les garçons seront des garçons et il n'y a rien de mal à cela", a-t-elle déclaré sous les applaudissements de la salle.
Si la rappeuse n'a jamais été clairement en faveur des démocrates, ses récentes déclarations marquent une rupture radicale avec l'image d'alliée de la communauté LGBT+ et de féministe, qu'elle avait cultivée pendant des années.
Appel au boycott
Son public traditionnel, composé en grande partie de jeunes urbains progressistes, de membres de la communauté LGBT+ et de personnes issues de minorités, commence à se détourner de l'artiste. Sur les réseaux sociaux, l'appel au boycott de sa musique a été immédiat.
Le compte Pride UK, qui relaye des informations dédiées à la communauté LGBTQ+, a par exemple publié un message sur X: "Chers lieux LGBT+... Veuillez vous abstenir de diffuser toute musique de Nicki Minaj. Elle n'est pas notre amie #boycottnickiminaj." Le message a été vu plus de 1,8 million de fois et a recueilli plus de 20.000 mentions j'aime.
Si certains défendent l'artiste, la plupart de ses fans dénoncent une trahison. D'autres accusent la rappeuse d'hypocrisie, soulignant qu'elle est elle-même une immigrée sans papiers avec une base de fans composée de personnes de couleur et de queers. Une pétition réclame même l'expulsion de Nicki Minaj vers Trinité-et-Tobago, son pays de naissance et a recueilli plus de 79.000 signatures début janvier 2026.
Devenue antivax en 2021
Ce virage politique contraste assez radicalement avec les positions passées de la rappeuse. Durant le premier mandat de Donald Trump, elle s'était montrée souvent critique à l'égard de sa politique sur les réseaux sociaux. En 2018, par exemple, Nicki Minaj déplorait sur Instagram la brutalité de la politique anti-immigration mise en place par le président.
"Je suis arrivée dans ce pays comme une immigrée illégale à l'âge de 5 ans. Arrêtez ça s'il vous plaît", demandait-elle à propos des séparations forcées de familles. Ce message, aujourd'hui supprimé de la plateforme, a largement été reproduit par la presse.
Le changement s'est progressivement opéré à partir de 2021. Pendant la pandémie de Covid-19, la rappeuse avait publiquement mis en doute la sécurité des vaccins, rejoignant ainsi la mouvance anti-vax. Depuis que Donald Trump a été réélu, l'artiste a, à plusieurs reprises, apporté son soutien à la Maison-Blanche.
Une prise de position - évidemment - appréciée par l'administration Trump. J.D. Vance avait ainsi publiquement salué Nicki Minaj le 11 décembre dernier en écrivant sur X: "Nicki > Cardi", référence à sa rivalité avec Cardi B, soutien affiché du camp démocrate. Il avait, par la suite, complimenté l'intervention de la rappeuse à Phoenix.
Face à la controverse, Nicki Minaj a continué à afficher son soutien à l'administration Trump, partageant notamment des mèmes pro-Vance. Cyberharcelée sur Instagram, elle a, depuis, désactivé son compte, suivi par 227 millions de personnes.
Nicki Minaj n'est pas la seule figure du rap américain à avoir rejoint le courant pro-Trump. Le rappeur Lil Wayne a apporté publiquement son soutien au républicain en octobre 2020. Quelques mois plus tard, Donald Trump avait gracié l'artiste, qui risquait alors jusqu'à dix ans de prison dans une affaire de possession d'armes à feu.











