La duchesse d'Albe, aristocrate espagnole, est morte à 88 ans

La duchesse d'Albe, en décembre 2011. - Cristina Quicler - AFP
La 18ème duchesse d'Albe, Maria del Rosario Cayetana Fitz-James Stuart était considérée comme l'aristocrate la plus titrée au monde. Hospitalisée il y a quelques jours pour une pneumonie, la duchesse d'Albe s'est éteinte à l'âge de 88 ans, jeudi à Séville.
Elle avait été ramenée chez elle juste avant de perdre conscience, mardi soir. Dès mercredi, des curieux avaient commencé à affluer vers le Palacio de Duenas, sa résidence de Séville.
Trois mariages, six enfants, 40 titres de noblesse, l'excentrique duchesse passée sous le bistouri était très appréciée des Espagnols, y compris au sein des couches populaires, qui adoraient son anticonformisme.
40 titres de noblesse
Issue de l'une des plus illustres familles de Grands d'Espagne, Maria del Rosario Cayetana Fitz-James Stuart accumulait plus de quarante titres de noblesse, dont cinq de duchesse, 18 de marquise ou 18 autres de comtesse, selon le livre Guinness des records.
Son style vestimentaire assez libre, la chirurgie esthétique dont elle était friande, tout comme son sens de la répartie, faisaient d'elle un personnage haut en couleur et une très bonne cliente pour la presse locale. "Si on t'oublie, tu n'es rien", avait-elle déclaré à l'automne 2011.
Son récent mariage avait ainsi défrayé la chronique. La fantasque duchesse, deux fois veuve et trois fois mariée, s'était en effet remariée en troisième noce à 85 ans, avec un fringant sexagénaire roturier de 24 ans son cadet, provoquant la colère de ses six enfants.
Une fortune évaluée entre 600 millions et 3,5 milliards d'euros
Pour pouvoir épouser son dernier amour, "Cayetana", comme l'appellent les Espagnols, avait dû se délester d'une partie son colossal patrimoine évalué entre 600 millions et 3,5 milliards d'euros, au profit de sa descendance. "Alfonso ne veut rien, il ne veut que moi", avait-elle assuré. Et de fait, le bel Alfonso Diez avait dû renoncer à l'héritage.
Après la cérémonie, organisée dans sa ville "adorée" de Séville, cette forte tête n'avait pas hésité à se déchausser pour esquisser quelques pas de rumba au son des guitares, sous les "Olé" des admirateurs réunis face à son palais de la Casa de Dueñas.
Limitées à sa famille et amis, ces noces s'étaient finalement montrées plus discrètes que sa première union, en 1947, avec le duc Pedro Luis Martinez de Irujo. Agée de 21 ans, la duchesse s'était parée de bijoux d'une valeur estimée à 1,1 million d'euros pour recevoir un millier d'invités. Après le décès de son premier époux, elle s'était remariée avec un ancien prêtre jésuite, Jesus Aguirre, mort en 2001, un "coup de foudre", selon la presse people.
"Picasso voulait me peindre"
La fortune de la duchesse d'Albe se compose de plus de 20 châteaux en Espagne, ses palais situés à Madrid, Séville, Salamanque, et de nombreuses oeuvres d'art, comme des peintures de Goya, Velasquez, Rubens, Rembrandt, Picasso... "J'ai beaucoup d'oeuvres d'art, mais je ne peux pas les manger, n'est-ce pas", disait-elle pour relativiser sa fortune.
"Picasso voulait me peindre comme la Maja de Goya mais mon mari l'avait refusé", expliquait la duchesse en 1947 au journal ABC, en souvenir des tableaux "La Maja vêtue" ("La Maja vestida") et "La Maja nue" ("La Maja desnuda")" que le maître espagnol avait peints entre la fin du 18ème et le début du 19ème, prenant pour modèle, selon la légende, sa trisaïeule, Maria Teresa del Pilar.
Jet-setteuse avant l'heure, elle avait été l'amie des stars, côtoyant, Grace Kelly, Jackie Kennedy, Yves Saint-Laurent et même Tom Cruise. Parente de Winston Churchill, la duchesse, qui parlait cinq langues, descendait de Jacques II d'Angleterre. Selon les généalogistes, elle aurait pu prétendre au trône écossais, en cas d'indépendance.
C'est son fils aîné, Cayetano Martinez de Irujo, duc de Huescar, qui porte désormais le titre de duc d'Albe, chef de la maison d'Albe, fondée au 15ème siècle.











