Jim Jarmusch "déçu" par le distributeur Mubi, lié à l'armée israélienne
Le réalisateur Jim Jarmusch à New York, le 8 octobre 2023 - Dia Dipasupil / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Le réalisateur américain Jim Jarmusch s'est dit "déçu" ce dimanche 31 août d'apprendre que la plateforme de streaming de films d'art et d'essai et distributeur Mubi avait accepté un investissement d'un fonds de capital-risque lié à l'armée israélienne.
Le dernier film de Jarmusch, Father Mother Sister Brother, présenté dimanche à la Mostra de Venise, doit être distribué sur les principaux marchés par Mubi, un concurrent de Netflix spécialisé dans les films indépendants.
Le groupe a accepté un financement de 100 millions de dollars de Sequoia Capital, une société de capital-risque de la Silicon Valley qui compte dans son portefeuille la société de défense israélienne Kela, ce qui a déclenché une pétition signée par Jarmusch et d'autres artistes.
"Toute suggestion selon laquelle notre travail serait lié au financement de la guerre est tout simplement fausse", avait répondu le patron de Mubi, Efe Cakarel, dans une lettre répondant à la polémique.
"Ma relation avec Mubi a commencé bien avant cela et ils ont été fantastiques pour travailler sur ce film", a-t-il déclaré devant la presse. "J'ai bien sûr été déçu et assez déconcerté par cette relation".
Demande de visa en France
Le réalisateur de Broken Flowers a toutefois estimé qu'en tant que cinéaste indépendant, il était lui aussi obligé d'accepter de l'argent provenant de "diverses sources". "Je considère que pratiquement tout l'argent des entreprises est de l'argent sale."
"Si vous commencez à analyser chacune de ces sociétés cinématographiques et leurs structures de financement, vous allez découvrir beaucoup de choses sordides", a-t-il ajouté.
Father Mother Sister Brother, avec Cate Blanchett, Adam Driver et le chanteur américain Tom Waits, est un film sur des familles dysfonctionnelles divisé en trois histoires distinctes se déroulant sur la côte est américaine, à Dublin et à Paris.
Jim Jarmusch a également révélé qu'il avait déposé une demande de visa de résidence de longue durée en France, ce qui l'ajouterait à la liste des artistes quittant les États-Unis sous la présidence de Donald Trump.
"Je suis en train de faire les démarches pour obtenir mon visa d'artiste français. Et j'ai l'intention de tourner un nouveau film en France", a ajouté le cinéaste de 72 ans.
Le visa d'artiste français offre un permis de séjour de plusieurs années. Parmi les exilés de renom de l'industrie du divertissement américaine figurent notamment Ellen DeGeneres, installée à Londres, et Rosie O'Donnell, qui s'est établie en Irlande.











