Jamel Debbouze: "La France, je l'aime de toutes mes forces"

Jamel Debbouze, s'exprimait dimanche sur TF1, pour la première fois depuis les attentats contre la France. - Capture TF1
Jamel Debbouzze a livré, dimanche, dans une interview accordée à Thierry Demaizière,pour Sept à Huit sur TF1, un témoignage bouleversant. Il s'est montré profondément meurtri par les attentats contre Charlie Hebdo et l'hypermarché cacher de la porte de Vincennes, début janvier. Retour sur ses principales déclarations
"Pour moi, c'est ça la France"
Jamel Debbouze a évoqué, pour la première fois dans la presse, sa confession musulmane. "J'ai passé mon temps à ne pas dire que j'étais musulman, a-t-il affirmé. Pas parce que je n'étais pas fier, loin de là. Mais parce que je considérais que ce n'était pas un sujet, qu'on n'avait pas besoin d'affirmer son identité ou sa différence."
"Aujourd'hui, j'ai presque besoin de le revendiquer comme pour dire: 'ne vous inquiétez pas, on est pareil, malgré nos différences', a-t-il poursuivi.
"Je suis Français, musulman, artiste, je suis né à Barbès, j'ai grandi à Trappes, je suis père de deux enfants, marié à une chrétienne journaliste très très belle (Mélissa Theuriau, ndlr). Et ça, pour moi, c'est la France."
Les musulmans "n'ont pas à se justifier"
Aux jeunes musulmans qui ne sont pas venus manifester à la marche républicaine du 11 janvier dernier, probablement par honte, Jamel Debbouze avait "envie de leur dire qu'ils n'ont absolument rien à voir avec les assassins. Ils n'ont pas à se justifier. Il faut qu'ils soient fiers de leur identité, fiers d'être français, fiers d'être musulmans, fiers de leur identité."
Et d'ajouter, que l'horreur des faits qui ont été commis "ne concerne qu'une minorité de gens. Moi, j'ai envie de parler aux millions d'autres qui ne sont absolument pas concernés, et qui sont comme moi, hagards. Et qui se retrouvent dans une position très très inconfortable. Et si certains se sont désolidarisés des caricatures, on ne peut pas leur en vouloir pour ça."
"Ils n'ont pas la culture du blasphème"
"Je suis mal à l'aise avec le blasphème, a repris le comédien. Ce n'est pas de ma faute, c'est dans ma culture. (…) Je comprends les gens qui ont été déstabilisés, choqués par ces caricatures. Parce qu'ils n'ont pas cette culture du blasphème". Mais hors de question pour autant de ne pas violemment condamner les attentats contre Charlie Hebdo.
"On ne peut pas tuer parce que l'on n'est pas d'accord avec l'autre, reprend le comédien. Ce n'est pas pensable! On peut manifester son mécontentement et le revendiquer avec ferveur, mais on ne peut pas agresser, insulter, tuer au nom de cela."
En France, le blasphème n'est p as un délit, et cela, Jamel Debbouze l'accepte, voire le revendique. "Je me battrai pour que vous puissiez exister, pour que vous puissiez dire tout ce que vous voulez dire". Ce qui l'a attristé, "c'est que les gens ont confondu. On peut descendre manifester pour défendre les valeurs de la République, même si l'on n'est pas d'accord avec les caricatures. C'est cette incompréhension-là qui me pousse à vous parler aujourd'hui."
"La France, c'est ma mère, on ne touche pas à ma mère!"
Les élèves qui n'ont pas respecté la minute de silence? "C'est complètement débile, c'est irrespectueux. Ça ne se fait pas de ne pas respecter les morts. On ne se comporte pas comme ça. C'est sans précédent ce qui est arrivé, c'est arrivé au coeur de la capitale et ça concerne tout le monde!"
Comment faire face à cet immense défit qui attend l'école républicaine?
"Cela passe par plein de choses, a repris Jamel Debbouze. Par avoir affaire à des adultes concernés, avertis, qui les raccrochent aux valeurs de la République. Qui les font re-aimer la France. Qui font que la France, moi, je l'aime de toutes mes forces. La France, c'est ma mère, on ne touche pas à ma mère!»
"J'ai été cette caillera qu'on aime pas"
Les jeunes des banlieues n'ont pas été assez nombreux à la marche républicaine de dimanche 11 janvier. "C'est mon seul regret. Il en avait, mais nous, les jeunes des quartiers, on n'était pas assez nombreux. (…) Les jeunes des quartiers n'ont rien à voir avec les assassins. (...) Ces gamins-là, ils ne sont pas éduqués, ne sont pas encadrés ou ne sont tout simplement pas aimés."
Avant d'ajouter que, lui-aussi, "passait son temps des halls de bâtiments".
"J'ai été cette petite caillera qu'on n'aime pas, qui passe son temps à agacer le monde, a-t-il témoigné. Mais quand il y avait un père qui passait, on se taisait et on baissait les yeux. Il faut remettre le respect là où il est, renforcer ceux qui font ce travail depuis des années. On prend en considération ces gamins, on les aime, on les écoute et je vous assure que ça ira mieux."











