Jamel Debbouze: "Dédramatiser, c'est la seule manière de vivre"
Le petit-fils spirituel de Louis de Funès a la pêche. Jamel Debbouze, en pleine promotion de son film Pourquoi j'ai pas mangé mon père, en salles le 8 avril prochain, lance un plaidoyer pour le vivre ensemble un message plein d'optimisme.
> Le handicap
Emerveillé par le motion capture, Jamel explique comment la technologie qui suit les mouvements des acteurs et son handicap ont influé sur le scénario.
"En écrivant, on s'est rendu compte que j'avais un handicap et que ça allait se voir en motion capture. Donc il fallait l'inclure dans le scénario. De cette contrainte scénaristique sont nées des choses. Comme jeter Edouard hors de l'arbre, il se casse le bras et il invente la bipédie, parce qu'il n'a pas d'autre alternative. Ce qui est une légère métaphore de ma vie. Et de la nôtre à tous".
> "C'est ensemble que les changements peuvent s'opérer"
Dans son film, Jamel Debbouze aborde des thèmes "simples et universels". "L'amour, l'amitié, la confiance en soi, le dépassement de soi, toutes ces choses auxquelles j'ai été confronté. Au départ rejeté, c'est le sentiment que j'ai eu, en étant mis au ban de la société et puis en étant diminué. On n'a pas les mêmes chances que les autres. Donc quand on n'a aucune chance, on décide de la saisir". Ajoutant que "l'issue elle est humaine, c'est ensemble que les changements peuvent s'opérer, seul on n'arrive à rien".
> "On a ri à gorge déployée"
Revenant sur ses origines et la cité de Trappes, dans les Yvelines, où il a grandi, Jamel se souvient: "On vient de la misère, on vient d'un endroit où ce n'était pas forcément gai, et pourtant, on a ri, ri, ri à gorge déployée. Probablement parce qu'on en avait besoin et que dédramatiser, c'est la seule manière de vivre, finalement. (...) C'est la seule que je connaisse, finalement".
> "On vous vend de la peur pour vous vendre du dentifrice"
"il n'y a rien qui ne m'ait jamais alarmé. Pour moi les choses progressent. Et puis le raz-de-marée qu'on attendait (du Front national aux départementales, Ndlr), il n'a pas eu lieu finalement".
"Si j'avais envie de raconter quelque chose à travers ce film c'est 'n'ayez pas peur, n'ayez plus peur'. On passe son temps à nous faire peur à la télévision et à la radio et j'ai envie de dire aux gens, n'ayez pas peur, c'est un argument de vente. On vous vend de la peur pour vous vendre du dentifrice. (...) Aujourd'hui on a peur du chômage, on a peur de l'écologie, on a peur de la crise, on est dans un monde où on flippe. J'ai envie de dire aux gens 'arrêtez de flipper' ".











