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"Oxygène": le thriller suffocant d'Alexandre Aja arrive sur Netflix

BFM Jérôme Lachasse , Journaliste BFMTV
Mélanie Laurent dans "Oxygen"

Mélanie Laurent dans "Oxygen" - Netflix

Le réalisateur français, devenu un nom du cinéma d'horreur à Hollywood, revient en France après dix-sept ans d'absence, avec un thriller suffocant, situé dans une unité cryogénique.

Il n'avait pas tourné en France depuis Haute Tension, son film d'horreur avec Cécile de France qui lui avait offert son passeport pour Hollywood. Après un exil forcé de dix-sept ans, Alexandre Aja, l'enfant prodigue, est de retour.

"Je n’ai pas eu le choix de partir", explique-t-il à BFMTV. "Même si Haute Tension a eu un beau succès critique et un petit succès populaire en France, tous les films que je voulais faire étaient très difficiles à imaginer en France. C'est vraiment aux Etats-Unis que j’ai vraiment trouver les moyens, les partenaires et le public qui avaient envie de soutenir ce cinéma. Malheureusement, la France n’était pas au rendez-vous pour faire ce type de cinéma à cette époque."

Le réalisateur qui a depuis terrifié les salles obscures avec son remake de La Colline à des yeux et Crawl dévoile ce mercredi 12 mai sur Netflix Oxygène, un thriller suffocant où une femme (Mélanie Laurent) se réveille amnésique dans une unité cryogénique. Il ne lui reste plus que 35% d'oxygène avant de mourir d'asphyxie...

"Mélanie est le paysage unique d'Oxygène"

Ecrit dès 2016 par Christie LeBlanc, ce script salué par la "Black List", qui recense aux Etats-Unis les meilleurs scénarios en attente de production, a failli être tourné en langue anglaise avec Anne Hathaway puis Noomi Rapace. Le film a finalement pu se monter grâce à Netflix, en France, pendant la pandémie. Après autant d'années à Hollywood, Alexandre Aja reconnaît avoir ressenti "un petit peu le trac" avant de tourner à nouveau en français.

"J’avais très peur de faire du Jean-Claude Van Damme", s'amuse-t-il, avant d'ajouter: "malgré toutes ces années aux Etats-Unis, j’avais toujours un noyau dur français autour de moi - que ce soit mon directeur de la photo Maxime Alexandre ou mon producteur Greg Levasseur. Ce n'était finalement pas si différent que ça, mais c’était agréable d’être à Paris, où je n’avais pas tourné depuis mon court-métrage, il y a vingt-cinq ans."

Aja avait d'ailleurs d'autres soucis à gérer: Oxygène étant un huis clos, il avait à sa disposition pour raconter son histoire une seule actrice, aux mouvements limités. Un véritable défi de mise en scène:

"Mélanie est le paysage unique d'Oxygène. Le pire qui puisse arriver à un film comme Oxygène, c’est qu’on s’ennuie, parce c’est répétitif. Je voulais que la mise en scène évolue avec toutes les émotions très différentes qu’elle traverse pendant ce cauchemar. Cette unité de lieu et de décor m’a permis d’être plus audacieux dans la mise en scène, et d'aller chercher tous les éléments de grammaire cinématographique pour mieux souligner chacune de ses émotions."
Mélanie Laurent dans "Oxygen"
Mélanie Laurent dans "Oxygen" © Netflix

Dans la lignée de Philip K. Dick

Inscrit dans la science-fiction, un genre qu'il aborde pour la première fois, Oxygène fait penser aux nouvelles que pouvait écrire dans les années soixante et soixante-dix Philip K. Dick, l'auteur de Blade Runner et de Minority Report. "Je suis un énorme inconditionnel d'Ubik. Il y a pour moi dans cette science-fiction dickienne une réflexion sur la nature humaine d'une puissance rare. Le script de Christie LeBlanc m’a vraiment fait penser à ça dès que je l’ai lu", explique -t-il avant d'ajouter:

"C’est drôle parce que, quand j’étais ado au lycée, on avait un journal avec des nouvelles très inspirées de Philip K. Dick, dont une qui faisait vraiment écho à Oxygène. J’ai vraiment retrouvé dans Oxygène un amour de la science-fiction que j’ai toujours eu mais que je n’ai jamais eu l’opportunité d’explorer au cinéma.”

Il a aussi injecté des idées typiques du cinéma fantastique ou d'horreur dans Oxygène. Pour se souvenir, le personnage de Mélanie Laurent doit se faire du mal. "Cette souffrance et la performance qu’elle nous a offertes sur ce film-là vient aussi du fait que Mélanie a dû passer une vingtaine de jours de tournage allongée. L'enfermement était réel. Elle a pu réellement s'immerger dans le personnage, vivre ce manque d’oxygène, cette souffrance. Tout est 100% authentique."

Bientôt l'adaptation du manga culte Tomie

Alors que Oxygène sort, Alexandre Aja prépare déjà son prochain projet, qui sera en anglais. Le réalisateur planche actuellement sur une adaptation deTomie, célèbre manga de Junji Itō, publié de 1987 à 2000. Le "Stephen King japonais" y dresse le portrait d’une femme qui pousse les hommes à la tuer de façon horrible. Douée de la faculté de se régénérer à partir de n'importe quel morceau de son corps, elle les poursuit de sa vengeance.

"J'adore Tomie", commente Alexandre Aja. "Je ne sais pas si ça va se faire vite, mais on était en développement. J’ai quitté le tournage de Tomie pour venir faire Oxygene. Entre-temps, la plateforme Quibi qui finançait Tomie a mis la clef sous la porte. On est un peu reparti à zéro, mais comme Tomie ne peut pas mourir, ça ira."