"Le Hobbit: la bataille des cinq armées": Peter Jackson met fin à la trilogie

Martin Freeman alias Bilbon Sacquet, voit ses aventures se conclure avec ce troisième et dernier volet du Hobbit. - Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc. et Warner Bros. Entertainment Inc.
"Le Hobbit: la bataille des cinq armées" conclut la trilogie de l'adaptation de "Bilbo le Hobbit" par le réalisateur Peter Jackson. Une fois de plus, le réalisateur néo-zélandais signe une superproduction épique dotée d'une lecture originale, plus sombre, du roman, publié il y a 77 ans par Tolkien. Le troisième et dernier volet, qui sort mercredi en France, suit les aventures de Bilbon Sacquet et d'un groupe de nains partis à la reconquête du royaume d'Erebor et d'un fabuleux trésor, tombés entre les griffes de Smaug, un puissant dragon cracheur de feu.
Peter Jackson avait à l'origine envisagé Le Hobbit comme un film en deux parties, avant de céder à la tentation d'en sortir une trilogie, comme il l'a fait pour Le Seigneur des anneaux, dont les épisodes sortis entre 2001 et 2003 ont été un énorme succès commercial. Le film a été en grande partie tourné en Nouvelle-Zélande, pays natal du réalisateur, comme l'avait été Le Seigneur des anneaux.
Périple noir
A l'image des deux précédents volets, La bataille des cinq armées propose une lecture inédite de Bilbo le Hobbit, le livre publié en 1937 par le Britannique John Ronald Reuel Tolkien, près de vingt ans avant Le Seigneur des anneaux (1954).
Du roman d'"heroic fantasy", inventif et plein d'humour écrit par Tolkien, le réalisateur néo-zélandais tire un périple noir, presque torturé. Le film inclut moult scènes et personnages absents du livre, tels que l'elfe Tauriel, interprétée par Evangeline Lilly, une des héroïnes de la série télévisée Lost.
"Pour Tolkien, le livre tel qu'il a été publié ne racontait pas toute l'histoire", argumente la production, qui assure s'être inspirée de notes laissées par l'auteur pour justifier les libertés que s'autorise le scénario. S'exprimant au micro de BFMTV, lors de l'avant-première parisienne au Grand Rex, Martin Freeman explique: "nous n'avons mis une bataille pour trouver un moyen de finir le film, nous l'avons mis parce que c'était dans le livre".
Benedict Cumberbatch en dragon
Tourné en 3D à 48 images par seconde, le film propose deux heures et 24 minutes d'action quasi ininterrompue, avec des effets spéciaux de haute volée, et démarre tambour battant avec l'attaque, façon bombardier, d'un village par le dragon Smaug.
Cette scène donne l'occasion à Benedict Cumberbatch, héros de la série Sherlock et l'un des acteurs britanniques les plus en vue du moment, de se livrer à un exercice dont il n'a guère l'habitude, puisque c'est lui-même qui incarne le... dragon. En plus de donner sa voix au monstre, l'acteur a été équipé de capteurs pour rendre plus réaliste la gestuelle de Smaug, ensuite recréé en images de synthèse.
Restituant avec une grande maîtrise technique le monde et le bestiaire de Tolkien, elfes, trolls ou orques, le film, qui sort peu avant les fêtes de fin d'année dans de nombreux pays, devrait tenir le haut du pavé côté box office, comme l'ont été les deux précédents volets. Ils ont rapporté, dans les salles, près de deux milliards de dollars.
Trilogie la plus chère de l'histoire du cinéma
De quoi amortir le coût exceptionnel de cette trilogie qui serait, selon le quotidien britannique The Guardian, la plus chère de l'histoire du cinéma, avec un budget totalisant 730 millions de dollars. Pour Peter Jackson, qui a consacré seize années à filmer et à produire les six films tirés de l'oeuvre de Tolkien, c'est peut-être aussi la fin d'une aventure.
"L'idée de faire un drame, avec des gens dans une maison, simplement, me semble particulièrement attrayante en ce moment", plaisantait-il récemment, en confiant que mener à bien cette dernière trilogie avait été un "test d'endurance". "Je ne vois plus vraiment cela comme une trilogie, maintenant que ce film est terminé. Il complète une série de six films", expliqué Peter Jackson au micro de BFMTV.
Effondrés de devoir dire adieu à leurs héros et à l'univers de Tolkien porté sur grand écran, les fans exhortent sur Facebook le réalisateur à s'attaquer à une autre oeuvre majeure de Tolkien, Le Silmarillion. Pas sûr qu'il les écoute. D'autant que Peter Jackson a souligné mardi, en marge de l'avant-première londonienne du film qu'aucune nouvelle adaptation de l'oeuvre de Tolkien ne pourrait voir le jour sans accord de la fondation familiale. En effet, seuls les droits d'adaptation du Seigneur des anneaux et du Hobbit ont été vendus par Tolkien à la fin des années 60. "Sans coopération de la Fondation Tolkien, il ne peut pas y avoir de nouveaux films", a insisté Peter Jackson.











