"L'interview qui tue": pour Hollywood, "les hackers ont gagné"

James Franco, Seth Rogen et Diana Bang dans "L'interview qui tue". - Ed Araquel - CTMG, Inc
"Va-t-on désormais retirer tout film visé par une menace anonyme?". A l'instar du réalisateur Judd Apatow, le tout Hollywood s'indigne de l'annulation de la sortie de L'interview qui tue.
Cédant à la menace de mystérieux hackers auto-baptisés "Les gardiens de la paix", Sony Pictures a en effet annoncé, mercredi, renoncer à sortir le film au cinéma. Le studio, qui a fait l'objet d'une cyberattaque sans précédent, a donc cédé face aux menaces de représailles.
Ce piratage, survenu le 24 novembre a occasionné la fuite sur le web de nombreuses données sensibles pour Sony, comme des mails privés échangés entre pontes du studio, films et scénarios, comme celui du dernier James Bond.
Certains, comme le réalisateur Michael Moore, ont réagi avec ironie, demandant aux hackers de Sony,"maintenant qu'[ils] dirigent Hollywood, moins de comédies romantiques, de [films] de Michael Bay et plus de Transformers".
Très remonté, Judd Apatow, réalisateur de 40 ans, toujours puceau et En cloque, mode d'emploi, et proche de Seth Rogen qui a co-réalisé L'interview qui tue a posté une volée de messages sur Twitter.
"Je trouve honteux que ces cinémas ne diffusent pas L'interview qui tue. Vont-ils désormais retirer tout film qui fait l'objet de menace anonyme?"
"Que se passerait-il si quelqu'un était offensé par des propos d'un dirigeant chez Coca Cola. Est-ce qu'on va devoir arrêter de boire du Coca?".
"Qu'est ce qui nous dit que ce n'est pas un employé mécontent ou un pirate. On croit quoi, que la Corée-du-Nord a des troupes sur le sol américain? Ridicule!"
Le comédien Rob Lowe, vu dans Californication ou Ma vie avec Liberace, et qui a un tout petit rôle dans L'interview qui tue, s'agace également d'un "Wow. Tout le monde a cédé. Les pirates ont gagné. Une victoire totale et complète. Wow".
Même énervement du côté de la très engagée Mia Farrow pour qui "les méchants ont gagné".
Et de fait, tout ce qui touche de près ou de loin à la Corée-du-Nord à Hollywood est désormais soigneusement évité. A tel point que le studio New Regencey a décidé d'abandonner son projet de film tiré de la bande dessinée autobiographique du Canadien Guy Delisle, intitulée Pyongyang. Le film, dans lequel devait jouer Steve Carell et qui devait être dirigé par Gore Verbinski a donc été annulé. "C'est un triste jour pour la liberté d'expression", a tweeté Steve Carell.
L'écrivain Stephen King a lui aussi tweeté: "la décision de Sony de retirer L'interview qui tue est déconcertante à bien des égards. Une bonne chose qu'ils n'aient pas publié les Versets sataniques".
Pour Zach Braff, acteur et réalisateur (Scrubs, Le rôle de ma vie), "annuler L'interview qui tue semble créer un horrible précédent".
Quant à l'acteur Ben Stiller (Zoolander, La nuit au musée, La vie rêvée de Walter Mitty), il trouve "vraiment difficile de croire que c'est là la réponse à une menace à la liberté d'expression ici en Amérique".
D'autres, prennent la nouvelle avec humour et une touche d'opportunisme, comme ce cinéma texan, qui s'est empressé d'annoncer la programmation de Team America, police du monde, par les créateurs de South Park et sorti en 2005. Le film parodique met ridiculise notamment Kim Jong-Il, l'ancien dictateur nord-coréen...











