Jafar Panahi annonce qu'il rentrera "en Iran dès que possible"
Le cinéaste et dissident iranien Jafar Panahi, au Festival de Cannes le 24 mai 2024 - Miguel MEDINA © 2019 AFP
Au Festival de Marrakech, Jafar Panahi annonce vouloir rentrer dans son pays, quelques jours après avoir été condamné par contumace à un an de prison en Iran pour "propagande contre l'État".
"Je travaille jour et nuit sur cette campagne pour les Oscars depuis plus de trois mois. Cette condamnation est intervenue au milieu du processus, mais je terminerai cette campagne et je rentrerai en Iran dès que possible", comme le rapporte Variety.
La sentence, prononcée lundi dernier, s'accompagne d'une interdiction de voyager pendant deux ans et d'adhérer à tout groupe politique ou social. Son avocat a fait appel.
Un simple accident, film personnel
Ce n'est pas la première fois que le réalisateur de 65 ans défie le régime islamique. En 2010, il avait été condamné à six ans de prison et vingt ans d'interdiction de réaliser des films. Il n'avait purgé que quelques mois avant d'être libéré sous caution. Malgré l'interdiction, il avait continué à tourner clandestinement, faisant sortir ses œuvres du pays en secret.
En 2022, il avait à nouveau été incarcéré pendant sept mois et a pu sortir de prison après avoir entamé une grève de la faim.
C'est dans son expérience carcérale et les interrogatoires menés par des autorités anonymes que le cinéaste iranien a puisé son inspiration pour son dernier film Un simple accident. Le long-métrage, sélectionné par la France pour les Oscars, raconte l'histoire d'anciens prisonniers politiques iraniens qui retiennent en otage un homme qu'ils croient être leur tortionnaire. Jafar Panahi a reçu pour ce film la Palme d'Or à Cannes en mai dernier.











