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Saint-Germain-en-Laye: la maternité menacée de fermeture, le maire lance une pétition

BFM Bettina de Guglielmo avec Alexandre Simoes
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Inaugurée en 2009, la maternité de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) pourrait fermer ses portes dans les prochains mois, suite à l’annonce de son propriétaire, le groupe Vivalto Santé. Une décision inimaginable pour la ville.

Quinze ans après son inauguration et après avoir vu naître des milliers d'enfants, la maternité de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) pourrait fermer ses portes dans les prochains mois. Cette annonce, faite par le propriétaire de la clinique, le groupe Vivalto Santé, est motivée par une volonté de réévaluer son offre de soins.

En effet, dans un communiqué, le groupe justifie cette fermeture par plusieurs facteurs: "La tension sur les ressources humaines et la baisse de natalité, ainsi que de la volonté de garantir la sécurité de la prise en charge des parturientes" (femmes en train d'accoucher, NDLR) De ce fait, "la prise en charge des naissances ne serait plus assurée par la clinique Saint-Germain".

"Une décision brutale": le maire lance une pétition

Le maire de Saint-Germain-en-Laye, Arnaud Péricard (DVD) déplore cette décision. Tout en reconnaissant la baisse des naissances, qui sont passées de "1.000 à 450", il estime que la fermeture de la maternité est une mesure radicale.

Dans un communiqué publié sur son compte X, il annonce avoir lancé une pétition en sollicitant "l'Agence régionale d'Île-de-France (ARS) ainsi que le Ministère de la Santé pour obtenir des explications sur cette décision brutale".

Au micro de BFM Paris Île-de-France, le maire exprime sa détermination:

"Je trouvais qu'il y avait des solutions que nous aurions pu explorer. On a toujours pu naître à Saint-Germain-en-Laye et on fera tout ce qu'il faudra pour les aider à maintenir notre maternité."

Une fermeture qui inquiète les habitants

L'attachement à la maternité dépasse les bureaux de la mairie. De nombreuses familles saint-germanoises témoignent de leur inquiétude face à la fermeture d’un lieu qui a marqué des moments importants de leur vie.

Martina, mère d’un enfant de 9 mois qui est né dans cette clinique, fait partie de celles-là: "On réfléchit à un deuxième enfant. Donc ça pose un gros problème parce qu'on a fait notre préparation à la maternité là-bas".

Et poursuit: "On connaît toutes les sages-femmes et l'assistante puéricultrice, qui sont géniales. Il n'y a pas un milliard de pédiatres, pas un milliard de sage-femmes, de gynicos qui font les accouchements. Sincèrement, ça va être un gros problème et fortement dommage."

Pour Gaëlle, maman d’un enfant de 14 mois, né également dans cette maternité, le sentiment est le même. "On a eu un super séjour en maternité. C'est juste à côté de chez nous. Ce n'est pas une maternité comme Poissy qui peut traiter tous les enfants, mais quand on a une grossesse qui est plutôt normale, c'est l'idéal, je trouve", explique-t-elle.

Elle explique aussi avoir hésité à prendre une place à l’hôpital intercommunal de Poissy-Saint-Germain, préférant laisser la place à des mamans ayant "besoin d'un peu plus de soins" contrairement à elle. "Donc je pense que c'est pas mal d'avoir des petites et des grosses maternités", conclut-elle.

Poissy comme alternative

Si la pétition n’aboutit pas, les futures mamans de Saint-Germain-en-Laye devront se tourner vers l’Hôpital de Poissy Saint-Germain (Chips), situé à 6 km de la clinique.

Vivalto Santé tente de rassurer en précisant que cet établissement, "comptabilise plus de 4.000 naissances par an et pourra assurer le suivi des fins de grossesses et l’accompagnement des naissances".