Trafic de drogue: jusqu'à huit ans de prison pour le gérant d'un point de deal à L'Île-Saint-Denis

Palais de justice (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Thomas SAMSON
Gérant, logisticien ou encore guetteur du point de deal: seize hommes ont été condamnés vendredi pour trafic de stupéfiants dans une cité de L'Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) à des peines allant de 18 mois à huit ans de prison, par le tribunal correctionnel de Bobigny.
Une année d'enquête
Après une année d'enquête, où se mêlent sonorisations (mises sous écoutes) et surveillances physiques, le tribunal s'est plongé pendant une semaine au coeur du trafic de cette cité stratégiquement placée au carrefour de la Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine, qui enregistrait plus de 500 transactions par jour entre janvier et décembre 2021.
Les bons jours, le trafic générait 16.000 euros, selon les enquêteurs qui ont constaté "une solidarité au sein du 'four' (point de deal) qui fonctionnait en flux tendu de drogues pour éviter les risques".
Celui qui est présenté comme le "propriétaire" de ce juteux business, Dougoutiguy Gassama, a été condamné à la plus lourde peine, de huit ans de prison et 200.000 euros d'amende. Jugé libre, il passera la nuit à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne).
Six ans de prison pour le bras droit
Son bras droit, également jugé libre, a écopé d'une peine de six ans de prison et 200.000 euros d'amende. Rechargeur de cocaïne ou de résine de cannabis, logisticien ou simple guetteur ont été condamnés à des peines de 18 mois à cinq ans de prison.
"La loi du silence a prévalu" au cours du procès, a regretté le président du tribunal Jean-Baptiste Acchiardi admettant également que le point de deal a été "en capacité à se régénérer" malgré les arrestations.
Cette audience conclut une séquence de sessions spéciales à Bobigny consacrées aux "fours" de Saint-Ouen et de ses environs en 2020-2021.
Après le trafic de la cité Michelet en 2022, qui a vu les peines réduites en appel, deux procès ont été dédiés au printemps à la cité des Boute-en-Train. Des gérants de "terrains" (points de deal) ont reçu jusqu'à dix ans de prison et un million d'euros d'amende.











