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Stains: le lycée Maurice-Utrillo en grève contre l'interdiction de l'abaya et le manque de moyens

BFM Mathias Fleury avec AFP
Le lycée Maurice-Utrillo s'est mobilisé ce mercredi pour contester l'interdiction de l'abaya et réclamer plus de moyens pour l'Éducation nationale.

Le lycée Maurice-Utrillo s'est mobilisé ce mercredi pour contester l'interdiction de l'abaya et réclamer plus de moyens pour l'Éducation nationale. - JOEL SAGET / AFP

Une partie des professeurs du lycée Maurice-Utrillo (Stains) étaient en grève ce mercredi, afin de protester contre le manque de moyens accordés et l'interdiction de l'abaya.

"Abaya plus d'infirmière", "Abaya 60h de cours en moins par semaine": masque chirurgical cachant le visage, une dizaine de membres du personnel éducatif ont manifesté à la mi-journée devant les grilles du lycée Maurice-Utrillo de Stains, en Seine-Saint-Denis.

Ce mercredi, la moitié des enseignants l'établissement étaient en grève ce mercredi pour dénoncer l'interdiction du port de l'abaya à l'école et le manque de moyens dans l'Éducation nationale.

L'abaya, "c'est avant tout un épouvantail"

Les grévistes pointent la "perte" de 60 heures d'enseignement du fonctionnement de l'établissement, la suppression d'un des quatre postes de conseiller principal d'éducation et la vacance de plusieurs postes d'enseignants dans différentes matières en cette rentrée.

L'interdiction du port de l'abaya "est érigée comme un problème majeur alors que c'est avant tout un épouvantail, un moyen de détourner le regard des autres problèmes", a estimé un gréviste.

Une analyse partagée par des lycéens, à l'image d'Ousmane. "Déjà, on devrait essayer de trouver des professeurs. De nombreux élèves sont en difficulté et ne sont pas forcément aidés, il manque un CPE, les toilettes sont dégradégradées", se plaint-il. "Parfois, pendant des mois on n'avait pas de professeurs. Et au lieu de s'occuper de ça, ils s'occupent de l'abaya", poursuit Amel.

Aucun incident dans l'établissement

Certains parents d'élèves ont rejoint le mouvement. "On n'attend pas d'un ministre qu'il nous dise comment s'habiller. On attend de lui qu'il nous donne les moyens pour que nos enfants aient un avenir serein", proclame ainsi Angèle Dione au micro de BFMTV.

Selon le rectorat de l'académie de Créteil, le taux de grévistes pour la journée de mercredi avoisine les 50%. Aucun incident lié à l'interdiction du port des abayas n'est survenu dans cet établissement de 1200 élèves et 43 classes générales et professionnelles.

"Nous tenons à nous désolidariser de la politique islamophobe du gouvernement. La polémique (...) sur les abayas et le qamis cherche à cacher les attaques qui sont faites contre le système public d'éducation", a déclaré le collectif Utrillon en lutte 93, à l'origine du mouvement de contestation.