Seine-et-Marne: le maire de Seine-Port veut interdire les portables dans l'espace public

Ficelée aux fenêtres de la mairie de Seine-Port, l'imposante banderole ne passe pas inaperçue. De couleur blanche, elle est ornée d'un smartphone, cerclé d'un symbole d'interdiction rouge et du message suivant: "Protégeons nos enfants, commune sans écran".
Vincent Paul-Petit est le maire Les Républicains (LR) de cette petite ville de Seine-et-Marne de moins de 2000 habitants, frontalière avec l'Essonne. Cette bâche, il l'a installée lui-même pour informer ses administrés de son souhait: bannir les téléphones portables de l'espace public. Des stickers prônant le même message ont également été dispatchés çà et là dans la commune.
Dans les faits, il n'est ni question de verbalisation ou de contrôle, promet l'édile. "Plutôt que de faire de la surveillance, on va préférer la bienveillance", plaide-t-il auprès de BFM Paris Île-de-France. "C'est-à-dire de dire aux gens qui sont avec leur smartphone dans la rue: 'S'il vous plaît, rangez-le'."
"Il nous faut réagir"
Cette mesure pour le moins radicale est principalement destinée à protéger les jeunes de l'addiction. "C'est un problème de santé publique. C'est un problème de sécurité et de développement cognitif de nos enfants", s'alarme-t-il.
Également conseiller départemental, Vincent Paul-Petit assure s'appuyer sur des études selon lesquelles "les enfants de 10 à 14 ans sont huit heures par jour devant un écran". "Il nous faut réagir", tranche-t-il.
Il est effectivement prouvé qu'une exposition trop importante aux téléphones et autres tablettes et consoles de jeux nuit au développement, à l'apprentissage et à l'épanouissement des plus jeunes.
Ouvrir le débat
À notre micro, les Seine-Portais reconnaissent avoir du mal à décrocher de leur téléphone. "J'avoue, surtout pour les jeux. Deux heures au moins par jour", confesse une femme. "Par jour? Trois heures au moins. Ouais, facile", admettent deux adolescents. Deux enfants avouent pour leur part qu'ils sont aujourd'hui privés de smartphone pour avoir passé trop de temps dessus.
Le mois prochain, le maire de Seine-Port soumettra une charte au vote de ses administrés. En cas d'adoption, la mesure pourrait être appliquée dès le mois de février via un arrêté municipal.
Certains l'estiment louable. "J'y serai favorable. Surtout qu'on a tous des enfants et qu'on rencontre ce problème au quotidien avec eux", souligne l'un d'eux.
"Si c'est pour regarder son écran quand on traverse, c'est tout à fait cohérent. Après, avoir son téléphone dans la poche quand on est un ado, pour être joignable ou pour pouvoir nous prévenir s'il y a quelque chose, c'est quand même important", nuance une mère de famille.
Vincent Paul-Petit est conscient qu'il ne rencontrera pas une pleine adhésion à son projet. Il s'agit plutôt pour lui d'ouvrir le débat dans une commune de petite taille. Avant peut-être de le porter à plus grande échelle?












