Rixes: le préfet de l'Essonne rappelle l'engagement de l'Etat après la lettre des élus

Les rixes sont un phénomène de plus en plus courant en Essonne. - -
En deux mois, deux adolescents, de 15 et 14 ans, ont été grièvement blessés par un couteau lors de rixes dans l'Essonne. Ces phénomènes, qui touchent particulièrement les plus jeunes, gangrènent le département depuis de nombreuses années. Lundi, 176 élus de l'Essonne ont demandé à l'Etat d'assumer "ses responsabilités régaliennes" pour mettre un terme à ce fléau.
Le préfet de l'Essonne, Eric Jalon a rappelé mardi 3 mai "l'engagement de l'Etat" pour faire face aux rixes entre jeunes.
Moyens alloués à la police et la gendarmerie, dans l'éducation avec la mise en place de cités éducatives, et dans la rénovation urbaine: s'appuyant sur des chiffres, le préfet de l'Essonne a estimé que ces mesures étaient "témoins d'un engagement de l'Etat dont la réalité ne peut être niée", "sans prétention à l'exhaustivité".
Dans une tribune diffusée lundi dans le journal Le Monde la centaine d'élus, emmenée par le président du conseil départemental, François Durovray, affirment que le département est "nettement sous-doté en effectifs de services publics".
Selon eux, l'Essonne subit un déficit "d'enseignants, de surveillants, de médecins scolaires ou de pédopsychiatres" mais également de "policiers, de gendarmes" ainsi que de "magistrats".
Le préfet, Eric Jalon, assure que l'ensemble des autorités du département sont "collectivement mobilisées" contre le phénomène des rixes entre jeunes.
Pour le traiter, explique le préfet dans cette lettre adressée aux élus signataires, ont été mises en place des "boucles d'alerte" par lesquelles "les institutions et les acteurs concernés échangent leurs informations, et partagent en temps réel les "signaux faibles" qu'ils ont appris à déceler".
"Plusieurs dizaines de rixes déjouées"
Ces treize boucles, déployées à l'échelle communale et intercommunale, ont permis de "déjouer plusieurs dizaines de rixes", selon le préfet.
Il rappelle également les nombreuses actions des communes dans cette lutte contre les rixes, accompagnées par l'Etat à hauteur de 53.000 euros en 2021 et 72.000 euros en 2022.
Ces subventions ont permis de financer plusieurs actions de prévention dans les communes les plus touchées par ces violences, comme Evry, Saint-Geneviève-des-Bois ou sur le secteur Val d'Yerres-Val de Seine.
Ce département de la banlieue sud parisienne est particulièrement touché, depuis de nombreuses années, par les phénomènes d'affrontements parfois très violents entre jeunes de quartiers rivaux. En 2021, trois jeunes, dont deux adolescents, ont été tués lors de ces rixes dans l'Essonne.











