Retards du RER B: vers une indemnisation des usagers de "la ligne maudite"

Rames bloquées sur les voies en pleine canicule, grèves, pannes éléctrique à répétition, bagages oubliés ou encore personnes sur les voies... De nombreux incidents viennent perturber toutes les semaines la circulation du RER B en Île-de-France.
Autant de problèmes qui se traduisent des annulations ou des retards pour les trains des usagers, et en particulier cette année. "C'est une ligne maudite", résume même Arnaud Bertrand, président de l'association "Plus de trains", au micro de BFM Paris Île-de-France ce mardi matin.
Autant d'irrégularités qui devraient ouvrir la voie à une indemnisation des voyageurs quand le taux de ponctualité de la ligne est inférieur à 80% pendant au moins trois mois.
"La vraie solution, c'est d'avoir une ligne fiable"
"On en est à un niveau à partir duquel, au bout de sept mois [en 2022], les usagers -notamment de Mitry- de la grande couronne Nord sont éligibles à un remboursement", avance le président de l'association Plus de Trains.
"On arrive dans les mois d'automne qui sont généralement les plus difficiles en termes de ponctualité. Donc, c'est vraiment une très mauvais nouvelle et une confirmation que ça va très mal", estime ce dernier.
Arnaud Bertrand argue d'ailleurs que les voyageurs préféreraient une amélioration des conditions de transport plutôt qu'un remboursement d'une partie de leur pass Navigo.
"Ce remboursement, ce n'est pas grand chose et en plus beaucoup de gens ne savent pas qu'ils y sont éligibles, donc qui ils le laissent passer. La vraie solution, c'est d'avoir une ligne fiable", réclame le président de l'association.
Y a-t-il seulement eu des changements depuis le (déjà) mauvais bilan du RER B l'année dernière? "Pour ceux qui habitent le long du RER B, c'est très difficile. Ces difficultés que l'on constate depuis le début de l'année, ce n'est que la lente répétition de ce qui est subi ces dernières années", confie Arnaud Bertrand au micro de Bonjour l'Île-de-France ce mardi matin.
"Malheureusement, ce qu'on observe avec ces statistiques c'est que ça ne s'améliore pas voire ça se détériore", déplore ce dernier sur notre antenne.
Des "petites améliorations"
Depuis la rentrée, 78 nouveaux trains circulent par jour, notamment du côté d'Aulnay-sous-Bois. De quoi provoquer des "petites améliorations" selon le président de l'association Plus de trains, malgré un problème pris "à l'envers par les décideurs", selon lui. "Ils investissement dans le Charles-de-Gaulle-Express en priorité, des milliards, alors que ça va plutôt abimer la ligne".
"C'est titanesque, le chantier du RER B", assure Arnaud Bertrand au micro de BFM Paris Île-de-France.
Toutefois ce dernier reconnaît "de petites choses qui sont bien" comme l'arrêt d'un train de plus à Aulnay-sous-Bois en journée, passant de deux à trois le nombre de RER qui s'arrêtent par quarts d'heure en gare. Une mesure "utile aux passagers aériens" puisque ce dernier roule sans s'arrêter en direction de Roissy.
"Ce sont des petites gouttes d'eau pour essayer de faire un petit ruisseau qui améliore le RER B mais à ce stade on ne peut pas crier victoire, loin de là", estime-t-il.
Si le RER B est montré du doigt par l'association et ses usagers, d'autres jouissent plutôt d'une bonne réputation sur le réseau francilien, preuve que d'autres initiatives pourraient être mises en place pour améliorer la situation selon Arnaud Bertrand. "On sait faire des RER fiables. Si vous allez à Saint-Germain-en-Laye sur le RER A, vous êtes aussi en bout de ligne, et vous avez au moins 95% des trains qui sont à l'heure".
"Ce n'est pas normal qu'il y ait cinq fois plus de trains supprimés ou retardés à Mitry", regrette ce dernier.
Malgré ces retards et autres désagréments, le prix du pass Navigo pourrait, quant à lui, connaître une augmentation significative en 2023. Les associations d'usagers espèrent une annonce sur la nouvelle tarification de ce dernier aux alentours du 10 décembre prochain.











