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Quatre grands musées, dont le Louvre et le Mucem, accusés de "travail illégal" par un syndicat

BFM Emma Forton
Des touristes se pressent autour de la Pyramide du Louvre, dessinée par l'architecte sino-américain Ieoh Ming Pei, à Paris, le 8 août 2024

Des touristes se pressent autour de la Pyramide du Louvre, dessinée par l'architecte sino-américain Ieoh Ming Pei, à Paris, le 8 août 2024 - JOEL SAGET © 2019 AFP

Le syndicat Sud-Culture, a déposé, ce vendredi, une plainte pour "travail illégal" contre quatre musées, dont Le Louvre. Ils auraient recours à des salariés externalisés, avec des conditions de travail plus difficiles.

Le syndicat Sud-Culture a déposé, ce vendredi 18 octobre, une plainte contre trois grands musées de la capitale: le Louvre, le Palais de la Porte Dorée et la Bourse de Commerce-Pinault. Une plainte a également ciblé le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem), à Marseille.

Le syndicat les accuse de "travail illégal", en faisant appel à des employés externalisés, dont les conditions de travail sont souvent plus difficiles.

"Traitement différencié"

Pour les quatre musées, c'est le traitement de ces salariés en externe, qui leur est reproché. Les musées passent des appels d’offres pour diverses prestations (accueil, médiation en salle, vente, vestiaire, audioguides, etc.) et des sociétés privées mettent à disposition des salariés. Ce prêt de main-d’œuvre est légal.

Cependant, d’après les plaignants, il pose question. En effet, "les salariés prêtés se trouvent en réalité subordonnés directement aux équipes" des musées et sont "traités différemment des agents internes". Leurs conditions de travail seraient plus compliquées et "exclusivement à but lucratif".

Au musée du Louvre, par exemple, 25 salariés chargés des audioguides auraient été externalisés en 2019. "La comparaison de leur situation avec celle des agents restés embauchés par le Musée les plaçait cependant dans des situations de traitement différencié", décrit la plainte. Mais en 2023, c’est cette fois l’ensemble des activités d’accueil et de surveillance du musée, soit 65 postes supplémentaires, qui auraient été confiés au privé.

"Touche massivement les établissements culturels"

Face à ces accusations, les musées ont immédiatement réagi. Le Louvre a déclaré n’avoir "aucune information" concernant une telle plainte, avec la volonté de "ne jamais commenter" une éventuelle enquête en cours.

De son côté, le Mucem a justifié que "le ministère de la Culture a dès le début du projet du Mucem décidé que (des) missions seraient externalisées dans le cadre de marchés publics, comme cela est le cas dans d’autres musées nationaux".

Le musée marseillais a également indiqué qu’une organisation interne permettait de "s’assurer que les personnels du prestataire ne soient pas subordonnés à un personnel du Mucem" et que les questions de ressources humaines "sont traitées directement par le prestataire".

Ce n'est pas la première fois que le syndicat Sud-Culture dénonce l'externalisation de certains employés. Elle serait "une pratique qui touche massivement les établissements culturels depuis plusieurs années", en citant notamment le Centre Pompidou-Metz (2010), le Palais de Tokyo (2012) ou encore la Fondation Louis Vuitton (2014).