Paris: Valérie Pécresse défend l'ouverture à la concurrence des bus au 1er janvier 2025

Des voyageurs tentent d'entrer dans un bus bondé à la Gare de Montparnasse, à Paris le 18 février 2022 - Ludovic MARIN © 2019 AFP
"Nous sommes prêts et dans les temps." Valérie Pécresse reste "favorable" au maintien de l'ouverture à la concurrence des bus à Paris au 1er janvier 2025. C'est ce qu'a annoncé la présidente de région -et de l'autorité organisatrice des transports Île-de-France Mobilités- dans une interview chez nos confrères du Figaro à paraître ce mercredi.
"Ce serait injuste que des opérateurs aient vu la RATP arriver sur leur réseau de bus en grande couronne où nous avons fait cette ouverture à la concurrence et qu’ils ne puissent pas être candidats sur le réseau de bus de la RATP à Paris", estime l'élue qui considère que ce système est appliqué "avec succès partout".
"Céder au chantage"
Cette annonce intervient quelques jours après que Clément Beaune, ministre des Transports, expliquait ne pas exclure de retarder cette ouverture à la concurrence s'il y a un risque de perturbation des Jeux olympiques 2024.
"L'ouverture à la concurrence est un outil. S'il est pertinent dans le cadre du calendrier actuel, alors il faut l'utiliser à la date prévue. S'il est pertinent à une date ultérieure, il faut l'activer plus tard", avait estimé le ministre, interrogé par La Croix, renvoyant clairement la balle à Valérie Pécresse.
De son côté, la présidente de région considère qu'un risque de mouvement social n'est pas à exclure dans les transports pendant les Jeux olympiques, la RATP étant en monopole, mais appelle la société ferroviaire à ses responsabilités.
"Compte tenu de son éthique, je n’imagine pas que cette grande entreprise publique ne soit pas au rendez-vous d’un événement planétaire où l’image de la France est en jeu", affirme Valérie Pécresse auprès du quotidien.
"Être en situation de monopole, c’est un privilège, mais cela induit aussi des responsabilités", ajoute-t-elle.
Selon la présidente de région, retarder l'ouverture à la concurrence serait "céder au chantage" d'une minorité de personnel qui prendrait "les usagers en otage" en notant également qu'un report ne mettrait pas à l'abri "d'un conflit social ultérieur".
"Un monopole défaillant"
Depuis plusieurs mois, l'opposition de gauche milite pour le report de la concurrence voire de son arrivée, estimant que le processus d'ouverture du marché a déjà un impact sur les difficultés actuelles de la RATP.
Les transports en commun sont en effet en proie à de gros problèmes de régularité depuis le mois de septembre dernier en raison notamment de la pénurie de conducteurs. "La dégradation du service montre que le système fonctionnerait mieux avec la mise en concurrence", estime au contraire Valérie Pécresse.
"Depuis septembre, la RATP est un monopole défaillant. Pendant trois mois, un bus sur quatre n’est pas sorti du dépôt à Paris. Aujourd’hui, 80% d’entre eux circulent", note l'élue jugeant toutefois que c'est "insuffisant".
"En réalité, on assiste à un mouvement social larvé anti-ouverture à la concurrence, avec des préavis de grève trop courts et des grèves de 59 minutes qui désorganisent le planning, sans donner lieu à des retenues sur salaire d’une demi-journée", juge Valérie Pécresse qui souhaite proposer des amendements à la loi Olympique pour remédier à cela en 2024.
Enfin, la présidente de région considère que des "conclusions ont été tirées" lors de l'ouverture à la concurrence des bus en grande couronne en 2020. Malgré des dysfonctionnements au départ, le service fonctionne désormais de manière "très satisfaisante à 99%". L'élue se veut alors rassurante auprès des agents de la RATP en insistant sur la mise en place d'un cahier des charges.
Les entreprises candidates pour la reprise d'exploitation des lignes de bus devront ainsi respecter un cahier d'exigence sociale, notamment sur les conditions de travail, l'organisation du travail et la rémunération.











