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Paris: un policier mis en examen dans une affaire de vols de voitures

BFM Juliette Desmonceaux
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Une cinquantaine de voitures ont été retirées sans raison apparente d'un fichier des forces de l'ordre recensant les véhicules volés. Ces derniers ont ensuite été revendus pour un montant total d'au moins un million d'euros.

L'enquête sur un trafic de voitures se poursuit. Après le placement en garde à vue mardi de douze personnes, dont deux policiers, l'un d'eux a été mis en examen vendredi soir pour "association de malfaiteurs", "accès et modifications frauduleuses de données dans les fichiers de police" et "blanchiment aggravé" par une juge d'instruction de Bobigny, selon Le Parisien. Le montant du préjudice est évalué à au moins un million d'euros.

Le jeune policier de 28 ans est ressorti libre de son interrogatoire. Placé sous contrôle judiciaire, il ne peut plus exercer ses fonctions. Il clame son innocence.

"Mon client est très éprouvé par cette longue garde à vue, d’autant qu’il ne comprend pas les faits graves qui lui sont reprochés, ni sur quels éléments ces faits se fonderaient", clame Me Marie-Béatrix Bégouën, l'avocate du policier mis en examen.

Des radiations suspectes de voitures volées

Le gardien de la paix est soupçonné d'être à l'origine de nombreuses radiations suspectes du Fichier confidentiel des voitures volées (Foves), uniquement accessible aux membres des forces de l'ordre. D'après les investigations, au moins une cinquantaine de voitures volées auraient été ajoutées au Foves, avant d'être retirées sans raison apparente. Les véhicules auraient ensuite été revendus en toute légalité. Un tour de passe-passe repéré fin 2020 et qui aurait été particulièrement rentable pour les malfaiteurs.

Surveillé de près par les enquêteurs, le policier était de longue date la cible de rumeurs l'accusant de corruption. Plus précisément, il était soupçonné d'avoir transmis des informations confidentielles à des dealeurs contre des sommes d'argent. Le gardien de la paix a retourné les accusations sur l'un de ses collègues. Ce dernier a été placé en garde à vue avant d'être relâché sans charge.

Trois autres individus ont été mis en examen vendredi soir dans l'affaire du vol de voitures, les autres gardés à vue ont été laissés en liberté. Dans le cadre d'une perquisition, 50.000 euros en liquide, des clés de démarrage automatique, des balises et des certificats de voitures vierges ont été saisis.