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Paris: un nouveau campement de migrants installé place de la République

BFM A.F avec AFP
Plusieurs centaines d'exilés se sont rassemblés et ont installé jeudi 25 mars, des tentes Place de la République à Paris.

Plusieurs centaines d'exilés se sont rassemblés et ont installé jeudi 25 mars, des tentes Place de la République à Paris. - Thomas SAMSON / AFP

À l'occasion de la "Nuit de la solidarité" à Paris, plusieurs centaines de migrants sont installés place de la République "pour demander leur hébergement immédiat, stable et décent".

Plusieurs centaines d'exilés se sont rassemblés et ont installé jeudi des tentes Place de la République à Paris, où un précédent campement avait été violemment démantelé par les forces de l'ordre en novembre, suscitant une vague d'indignation, a constaté un journaliste de l'AFP.

Vers 18h30, peu avant l'entrée en vigueur du couvre-feu, près de 400 tentes ont été déployés sur la place, avec l'aide de plusieurs associations de soutien aux migrants dont Utopia56, déjà à l'origine de la précédente installation.

Demande "d'hébergement immédiat"

À l'occasion de la "Nuit de la solidarité", une opération de recensement des sans-abri, ces associations, regroupées dans un "collectif réquisitions", accompagnaient les migrants "pour demander leur hébergement immédiat, stable et décent", ont-elles conjointement affirmé dans une déclaration.

Ces exilés à la rue se tournent "chaque soir" vers les associations "en quête d'une tente ou d'un hébergement, tandis que de nombreux citoyens leur ouvrent chaque soir leur porte", ont-elles déploré. "Ce n'est pourtant pas aux associations ni aux habitants de mettre en place des hébergements pour faire face à l'aggravation de la crise du logement, c'est à l'Etat, car c'est la loi".

Un rassemblement "totalement irresponsable"

La préfecture de police a réagi dans un communiqué de presse. "Le préfet de Police et le préfet de la région d'Ile-de-France condamnent l'action militante menée à Paris, avec l'installation sauvage de plus de 300 tentes place de la République".

"Un tel rassemblement, en pleine crise sanitaire, est totalement irresponsable et fait courir des risques évidents vien à la population qu'aux organisateurs et aux migrants présents" indique le communiqué.

"Cette situation est d'autant plus incompréhensible que la préfecture de région d'Ile-de-France dispose des places d'hébergement nécessaires qui sont disponibles dès ce soir" juge la préfecture de Police.

Rester "pacifiquement sur place"

L'évacuation par la police des tentes déployées Place de la République le 23 novembre dernier et les violences survenues en marge de leur démantèlement (usage de gaz lacrymogène, de grenades de désencerclement ou journaliste molesté) avaient suscité une vive émotion, jusqu'au sein du gouvernement.

Le soir-même, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait évoqué des "images choquantes" et demandé un "rapport circonstancié" au préfet de police de Paris. L'IGPN, la "police des polices", et le parquet de Paris avaient dans la foulée ouvert une enquête sur ces violences.

Les occupants de la Place de la République ont prévenu jeudi soir qu'ils resteraient "pacifiquement sur place jusqu'à la mise à l'abri de toutes les personnes sans-abri présentes".