Paris: un logement social construit en pierre de taille, comme le Louvre ou Versailles

Elles ont autrefois servi à édifier le musée du Louvre et à construire le château de Versailles. Des siècles plus tard, elles ont permis de bâtir le dernier-né des logements sociaux de la ville de Paris. La pierre de taille, matériau noble digne des plus beaux bâtiments haussmanniens, a été utilisée pour la construction d'un immeuble comprenant neuf appartements. Il a été inauguré lundi, dans le 15e arrondissement de la capitale.
Ce matériau, capable de garder la fraîcheur et peu énergivore, "a la qualité de faire diminuer l'impact carbone. Ce n'est pas un matériau transformé mais qu'on a extrait", explique l'architecte Raphaël Gabrion, au micro de BFM Paris-Île-de-France.
Il est également facile à tailler et à extraire, et est un excellent isolant. "C'est une pierre qui résiste bien à l'usure du temps car naturellement, elle fait une couche protectrice en surface de la roche qu'on appelle le calcin. Ce sont les sels minéraux qui étaient naturellement au cœur de la roche qui viennent durcir la pierre en surface", détaille la responsable culturelle de la maison de la pierre Mélanie Baticle.
"Une grande fierté"
Avec pour objectif d'atteindre les 25% de logements sociaux en 2025, la mairie de Paris doit construire mais ne souhaite pas lésiner sur la qualité des immeubles.
"La pierre de taille est la même pierre que celle qui a servi à fabriquer le château de Versailles et fabriquer avec cette pierre-là du logement public, c'est pour nous une grande fierté", affirme Ian Brossat, adjoint (PCF) à la maire de Paris en charge du logement.
Au total, 180m² de ces pierres ont servi à construire le bâtiment. Elles proviennent de la carrière Saint-Maximin et sont travaillées à ciel ouvert, dans une usine de l'Oise (60) située à une heure de Paris.
"C'est très bien d'avoir fait ça (...) Avec tous les problèmes environnementaux, climatiques, on s'aperçoit que la pierre c'est un bon produit et pas si cher que ça", se réjouit Marie-Claude Genovese, directrice de l'usine Rocamat de Saint-Maximin.
"Il fait moderne, ça rend bien"
À première vue, ces pierres nobles qui font ressortir une couleur jaune atypique ne sont pas immédiatement identifiables aux yeux des passants, mais plaisent déjà beaucoup.
"Il fait moderne, ça ne fait pas tache, ça rend bien", constatent deux passantes.
Un autre apprécie "la manière dont la lumière réfléchie". Une dernière assure qu'"il est plus beau à voir que d'autres immeubles dans la rue".
Les pierres de taille sont de plus en plus demandées en Île-de-France mais également partout dans le monde. Elles ont entre autres servi à l'extension de l'université de Stanford aux États-Unis.











