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Paris: où en est la pérennisation des coronapistes, créées pendant la crise sanitaire?

BFM Nils Constant, Nicolas Fontaine, Justine Even avec Laurène Rocheteau
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Dans le cadre de son Plan Vélo, la ville de Paris a prévu de pérenniser les 52 km de pistes cyclables créées pendant la crise sanitaire. Une bonne nouvelle pour les usagers et associations de cyclistes, qui demandent toutefois à ce que les travaux soient faits plus rapidement.

Fini les plots jaunes et les blocs de béton provisoires. Dans le cadre de son Plan Vélo, qui comprend la mise en place de 450 km de pistes cyclables d'ici 2026, la mairie de Paris a décidé de pérenniser les "coronapistes", ces pistes temporaires créées au moment de la crise sanitaire.

Elle a tiré un bilan plutôt positif de ce dispositif: 7% des déplacements à Paris se font désormais à vélo, contre 5% avant le premier confinement.

Des pistes cyclables "pas parfaites partout"

La pérennisation de ces 52 kilomètres de pistes cyclables est une bonne nouvelle pour les cyclistes parisiens. "Pour moi, c'est vraiment la meilleure des choses", déclare une cycliste au micro de BFM Paris-Île-de-France. "J'utilise le vélo pour aller travailler tous les jours."

Elle reconnaît toutefois que certaines pistes ont encore besoin d'être améliorées, et surtout, qu'il faut en créer davantage.

La mairie de Paris a dit mettre un coup d'accélérateur à la pérennisation des coronapistes au cours de l'été.
La mairie de Paris a dit mettre un coup d'accélérateur à la pérennisation des coronapistes au cours de l'été. © BFM Paris Île-de-France

Un avis partagé par l'association Paris en Selle, qui se mobilise pour pousser la municipalité à offrir de meilleurs équipements aux cyclistes de la capitale.

"Les coronapistes ne sont pas parfaites partout. Il y a certains endroits où elles marchent très bien, certains endroits où il a fallu faire des ajustements", déclare Camille Hanuise, directrice de l'association. "Mais elles ont le bénéfice de créer presque du jour au lendemain un itinéraire sécurisé en bas de chez soi."

La directrice de l'association rapporte également que le manque de sécurité des pistes cyclables est le principal frein pour les personnes qui n'utilisent pas encore le vélo pour se déplacer. "Donc comment on répond à ce sentiment d'insécurité? Et bien en créant des pistes un peu partout sur l'ensemble des axes principaux de la ville."

"Une réponse à des enjeux"

Interrogée, la municipalité assure que la pérennisation des coronapistes est "quasiment une promesse tenue". La mairie dit avoir mis un coup d'accélérateur à la pérennisation au cours de l'été.

Les travaux de certaines pistes sont déjà achevées, comme celles du Faubourg Saint-Antoine Est et de la rue de Rivoli. D'autres sont encore en cours, comme sur le boulevard des Invalides et l'avenue de la Porte de Clignancourt.

Dans l'ensemble, la mairie est plutôt satisfaite de l'avancement du projet.

"La pérennisation de ces pistes, c'est aussi de nouvelles interconnexions avec la banlieue", déclare David Belliard, adjoint à la mairie de Paris en charge de la transformation de l'espace public. "Mais c'est aussi une réponse à des enjeux. C'est moins bruyant, moins polluant, plus accessible aussi. C'est aussi très confortable, ça permet d'aller assez rapidement d'un bout à l'autre de Paris."

La municipalité compte débourser un peu plus de 80 millions d'euros pour pérenniser les coronapistes. Elle prévoit sur son site une fin des travaux pour la fin 2023, voire début 2024.