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Paris: les Verts actent des "blocages" avec Anne Hidalgo sur le futur plan local d'urbanisme

BFM Nicolas Dumas et J. M. A. avec AFP
Les élus écologistes de Paris ont acté jeudi 1er mars plusieurs "points de blocage" avec la maire de Paris sur le futur plan local d'urbanisme (PLU).

Les élus écologistes de Paris ont acté jeudi 1er mars plusieurs "points de blocage" avec la maire de Paris sur le futur plan local d'urbanisme (PLU). - Nicolas Dumas // BFM Paris Île-de-France

Les élus écologistes dénoncent un "recul permanent" sur le projet du PLU et regrettent de nombreux changements de dernières minutes qu'ils se refusent à voter.

Les élus écologistes de Paris, alliés indociles d'Anne Hidalgo (PS), ont acté jeudi plusieurs "points de blocage" avec la maire de Paris sur le futur plan local d'urbanisme (PLU) actuellement discuté au sein de la majorité de gauche.

"Le PLU, en l'état, n'est pas votable pour les écolos", a expliqué l'élu EELV Émile Meunier, qui prévoit des amendements si le texte était présenté tel quel en Conseil de Paris.

"Depuis une semaine, c'est un recul permanent, chaque jour une mauvaise nouvelle, parce qu'Anne Hidalgo a imposé au dernier moment des choses qui nous paraissent inacceptables", affirme ce négociateur des écologistes qui accuse la maire de "revirement".

L'adjoint PS à l'urbanisme Emmanuel Grégoire espère faire voter au printemps la nouvelle version - brandie comme "bioclimatique" - de ce document technique qui fera loi pour l'aménagement des dernières friches et l'accord ou non des permis de construire.

"Chacun doit faire un petit effort pour sortir par le haut", a réagi auprès de l'AFP Emmanuel Grégoire, "pas très surpris" de l'offensive des écologistes "dans la dernière ligne droite".

"C’est le PLU du ‘en même temps’. Le compte n’y est pas", dit Émile Meunier. "On ne peut pas trouver un compromis un peu mou. Le PLU, c’est le bras armé de la vision de la ville." 

"Une tour écolo, ça n'existe pas"

Mais, alors que les Verts refusent les tours de plus de 37 mètres de hauteur et les constructions aux abords du périphérique, "la maire impose qu'on fasse des tours de logement à Bruneseau et Bercy", deux des dernières zones à aménager de la capitale, "sur deux échangeurs parmi les plus pollués de Paris et d'Europe", affirme Emile Meunier.

"Une tour écolo, ça n'existe pas", ajoute-t-il. "On ne peut pas faire un PLU bioclimatique, adapté au réchauffement climatique, et faire des tours de 50 mètres."

À Bruneseau (XIIIe), la maire veut, selon lui, un "immeuble-pont qui surgit de nulle part" sur le périphérique, alors que les écologistes s'opposent déjà à ceux prévus porte de Montreuil (XXe) et porte Maillot (XVIe). Ce dernier a été retoqué par la justice pour les risques liés à la pollution. "Les immeubles pont c’est un cas de Casus belli pour nous", tranche Émile Meunier. 

Plusieurs "points de blocage"

Parmi les autres "points de blocage", selon l'autre négociatrice EELV Nathalie Maquoi, "le compromis" sur la petite ceinture, qui permettait de "préserver à la fois la biodiversité sur les talus et la réversibilité" de cette ligne ferroviaire désaffectée, a été "tout d'un coup abandonné".

Émile Meunier regrette aussi la transformation des "8 hectares de pleine terre" négociés porte de La Villette (XIXe), en "8 hectares végétalisés" compatibles avec des constructions.

Quant à la porte de Montreuil, objet d'un conflit ouvert entre écologistes d'un côté, socialistes et communistes de l'autre, l'exécutif veut toujours "couvrir le périphérique par une dalle" et "faire le projet Nexity", déplore Nathalie Maquoi.

Initialement, Nathalie Maquoi et Émile Meunier ont expliqué que le groupe s'était entendu avec la mairie sur un texte pour dire "que l’on est d’accord que l’on veut améliorer l’espace sans dire comment", ce qui permettait à l’exécutif comme aux écologistes de porter encore deux visions différentes du projet.

Depuis la réélection d'Anne Hidalgo en 2020, les écologistes n'hésitent pas à voter avec l'opposition de droite pour empêcher les projets de l'ex-adjoint à l'urbanisme Jean-Louis Missika (Tour Triangle, Austerlitz, Montreuil) d'aboutir.

"La balle est dans le camp d’Anne Hidalgo", conclut Émile Meunier.

"Des points un peu durs" subsistent "mais rien d'insurmontable", estime de son côté Emmanuel Grégoire qui se dit "convaincu que l'intérêt général l'emportera sur les postures". "Soit on trouve un accord, soit ce sera le même PLU" en vigueur depuis 2006, "et personne ne souhaite cela", ajoute-t-il.