Paris: les mineurs isolés toujours sans solution après deux mois d'occupation à la Gaîté Lyrique

Près de deux mois après le début de l'occupation de la Gaîté Lyrique, les près de 400 jeunes qui s'y trouvent, présentés comme des mineurs non accompagnés (MNA), sont toujours sans solution de relogement. À l'appel du Collectif des jeunes du parc de Belleville, ils ont investi cette salle de spectacle du 3e arrondissement de Paris dans la soirée du 10 décembre pour demander un toit.
"La mairie ne s'est pas bougée, la préfecture de région non plus. Ce ne sont pas les moyens qui manquent, c'est juste une volonté politique. Ils ont décidé de ne pas agir", déplore Abdoulaye, l'un des délégués du collectif, au micro de BFM Paris Île-de-France.
Convoqués à comparaître en audience devant le tribunal administratif de Paris ce vendredi 7 février, ces jeunes sont désormais menacés d'expulsion. De quoi provoquer une grande incompréhension dans les locaux du lieu culturel.
"Je n'ai pas les mots... C'est un État qui est irresponsable, qui fuit ses responsabilités. Il suffisait juste d'appliquer la présomption de minorité et de prendre en charge tous ces mineurs qui viennent simplement pour construire un avenir", poursuit Abdoulaye.
"L'abandon total"
Selon le ministère de la Justice, les enfants étrangers présents sur le territoire français et non accompagnés d’un parent titulaire de l’autorité parentale ou d’un représentant légal sont évalués par les services départementaux de l'aide sociale à l’enfance (ASE) sur leur minorité et leur isolement.
"Une fois ces deux critères vérifiés, les mineurs reconnus comme non accompagnés font l’objet de mesures de protection", précise le ministère sur son site.
Pour faire valoir leur droit, les occupants de la Gaîté Lyrique ont déposé un recours devant le tribunal pour enfants. Mais les procédures de reconnaissance de minorité sont souvent très longues.
"Le minimum pour les recours, c'est six mois, voire une année, ou plus... Pendant ce temps d'attente, c'est l'abandon total. Vous avez le droit à des choses, mais si vous restez assis, vous ne les aurez jamais. Il faut le réclamer", s'indigne Abdoulahmane, lui aussi délégué du Collectif des jeunes du parc de Belleville.
En cas d'expulsion, ces jeunes n'auraient pas d'autre choix que de se retrouver une nouvelle fois à la rue. Pour la plupart en chômage partiel, les employés de la Gaîté Lyrique appellent donc à une "résolution rapide" de la situation afin d'obtenir leur mise à l'abri.
De son côté, la mairie de Paris exclut la possibilité d'une expulsion et en appelle à l'État pour trouver une solution de relogement durable.
Un rassemblement de soutien à ces jeunes occupants est organisé ce vendredi à 13 heures sur la place Baudoyer dans le 4e arrondissement de Paris, aux abords de l'Hôtel de Ville.











