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Paris: les automobilistes ont perdu quatre jours dans les bouchons en 2024

BFM Bettina de Guglielmo, Jeanne Spicarolen avec Laurène Rocheteau
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Une étude britannique établit Paris comme la deuxième ville la plus embouteillée d'Europe, derrière Londres. Les Parisiens sont restés coincés 97 heures en moyenne dans les bouchons en 2024, un chiffre stable par rapport à l'année précédente.

Quatre jours de temps perdu derrière son volant. Les Parisiens ont passé en moyenne 97 heures dans les bouchons en 2024, selon la société britannique d'analyse des transports Inrix, qui a réalisé une étude à partir des données de téléphone portable.

Paris se place ainsi comme la deuxième ville la plus embouteillée d'Europe, derrière Londres, et la sixième ville la plus congestionnée du monde. Ces données restent toutefois stables comparées à l'année 2023.

Au quotidien, les conducteurs parisiens se sont faits une raison et savent que prendre le volant signifie devoir composer avec les bouchons. "Quand je viens dans Paris, ça fait à peu près deux heures pour 24 kilomètres", explique un automobiliste au micro de BFM Paris Île-de-France.

Une responsabilité des pouvoirs publics?

C'est d'autant plus vrai pour les personnes qui travaillent sur la route. "Je suis livreur, donc je passe pas mal de temps dans les embouteillages. C’est toujours trop de temps, quoi qu’il arrive", déclare l'un d'entre eux.

Anissa est quant à elle chauffeuse taxi depuis 2021 et note bien les pertes économiques engendrées par les bouchons. "Quand on est dans un bouchon, on pourrait avoir une autre course, et ce n'est pas possible. On est sous forfait quand on va aux aéroports. Donc c’est une perte de temps et une perte de gains. On perd facilement, par jour, entre 5 et 6 heures. On a dû perdre entre 20 et 30% ", estime-t-elle.

Certains voient dans ces bouchons une responsabilité de la municipalité parisienne, qui mène une politique pour réduire la place de la voiture sans pour autant rendre les transports en commun plus attractifs.

"Les pouvoirs publics ont organisé les embouteillages. Rien n’a été fait pour être séparé de sa voiture, par contre tout a été fait pour embêter les automobilistes", explique Benjamin Cuq, journaliste spécialiste de l'automobile et des transports. "Ça ne va aller qu’en empirant. ll n’y a pas de moyens qui incitent à prendre un transport sûr, confortable et agréable."

L'instauration de la limitation à 50 km/h sur le périphérique doit participer entre autres à réduire les embouteillages dans la capitale. Une première étude sur cette mesure, qui s'est basée sur les mois d'octobre et novembre 2023 et 2024, fait état d'une baisse de 20% des accidents et embouteillages. Il est toutefois impossible de dire si ces évolutions sont liées à l'abaissement de la vitesse ou à la météo.