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Paris: la manifestation annuelle du groupuscule d'ultradroite "Comité du 9 mai" en passe d'être interdite

BFM Arthus Vaillant
Plusieurs centaines de militants d'ultradroite défilent le 11 mais 2024 à Paris à l'appel d'un "Comité du 9-mai".

Plusieurs centaines de militants d'ultradroite défilent le 11 mais 2024 à Paris à l'appel d'un "Comité du 9-mai". - Dimitar DILKOFF © 2019 AFP

Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a engagé une procédure visant à interdire la manifestation du "Comité du 9 mai", un groupuscule d'ultradroite qui se réunit chaque année à Paris pour commémorer le décès d'un militant d'extrême droite en 1994.

La manifestation annuelle du "Comité du 9 mai", groupuscule d'ultradroite, est en passe d'être interdite, a appris BFMTV.com de la préfecture de police de Paris, confirmant une information de Libération. Deux déclarations de manifestation ont été adressées à la préfecture de police pour la journée de ce samedi 10 mai. Une "manifestation antifasciste et antiraciste", voulue "en réaction à la première", était également annoncée.

Par crainte de troubles à l'ordre public et "d'affrontements entre des militants aux opinions antagonistes", la préfecture de police a ainsi engagé une "procédure contradictoire en vue d'interdire chacune de ces deux manifestations", a-t-elle indiqué auprès de BFMTV.com. Les images, l'année passée, de plusieurs centaines de militants d'ultradroite défilant à Paris tout vêtu de noir, cagoulés, avec des drapeaux arborant des croix celtiques, symbole utilisé par des groupes néonazis, avait choqué.

Une première interdiction

La préfecture de police de Paris avait été pointée du doigt pour son inaction et s'était défendue en expliquant qu'une manifestation "ne peut être interdite qu'en cas de risque avéré de troubles à l'ordre public", motif utilisé cette année.

Le "C9M" commémore chaque année le décès de Sébastien Deyzieu, un militant ultranationaliste décédé à 22 ans le 7 mai 1994 après une manifestation de plusieurs mouvements d'extrême droite "contre l'impérialisme américain". Le jeune homme s'était réfugié sur le toit d'un immeuble de Paris pour échapper à la police avant de faire une chute mortelle.

À l'annonce de la mort de Sébastien Deyzieu, la section jeunes du Front national (devenu Rassemblement national) avait contribué avec le GUD et le JNR à la création du "Comité du 9 Mai". L'activité du GUD est caractérisée par ses actions violentes contre les militants de gauche, notamment aux abords des campus parisiens. Selon les informations de StreetPress, le groupe compterait parmi ses membres une cinquantaine de militants néonazis, dont des "fichés S".