Paris: la mairie lance un plan pour diminuer de 100.000 tonnes ses déchets d'ici 2030

Des poubelles débordantes d'ordures dans une rue de Paris pendant la grève des éboueurs, le 21 mars 2023 - LUDOVIC MARIN © 2019 AFP
Le Conseil de Paris a adopté ce mercredi, à l'unanimité, un plan visant à réduire de 100.000 tonnes la quantité de déchets ménagers produits sur le territoire de la capitale d'ici 2030.
Développement du compostage collectif, généralisation de la consigne pour les contenants dans les supermarchés, zéro mégot jeté sur la voie publique... Au total, 24 mesures doivent permettre de diminuer le volume de déchets de 10% en cinq ans.
Cela représenterait une baisse de 20% par rapport à 2010, soit cinq points de plus que l'objectif fixé par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec), a expliqué Antoine Guillou, adjoint à la maire de Paris Anne Hidalgo en charge de la propreté.
"À travers ce plan, nous nous projetons dans une transformation profonde de nos modes de production et de consommation, une économie circulaire où le superflu n’a plus sa place et où le réemploi et le recyclage sont la norme", détaille-t-il dans le communiqué de la mairie.
Avec un volume de déchets représentant 433 kilos par an et par habitant, la capitale se situe en peu en-dessous de la moyenne nationale.
Les Parisiens sont en revanche de "mauvais trieurs": 29% de leurs déchets sont triés, et seulement 20% sont au final valorisés du fait des erreurs de tri (ni incinérés, ni enfouis). Bien moins que la moyenne nationale, souligne l'élu.
L'autre objectif de ce plan est de tripler ce taux de valorisation, pour atteindre 60% d'ici cinq ans, tout en réduisant de 32% les émissions de gaz à effet de serre liées à leur traitement.
25 millions d'euros économisés à terme selon la mairie
Pour arriver à ce chiffre, la municipalité entend généraliser les collectes d'objets à domicile, déjà déployées en certains endroits pour le gros électroménager, en les élargissant aux meubles ou encore aux matelas. L'enjeu est de limiter le dépôt sur les trottoirs, où les encombrants s'abîment ce qui freine leur réemploi.
Des "bornes de dons" (pour les appareils électroniques, textiles, jouets, etc) doivent être installées dans "plusieurs centaines" d'équipements publics. Le nombre de bornes "Trilib'" équipées de sondes pour ajuster la fréquence des collectes, va passer de 400 à 500 en 2025.
L'instauration d'une "tarification incitative" pour les professionnels doit par ailleurs encourager les "bon trieurs", selon la mairie. Maud Gatel, du groupe Modem et Indépendants, a souhaité que la même incitation soit testée pour les particuliers, ce que l'exécutif municipal a rejeté, jugeant la mesure inapplicable en habitat collectif.
La mairie compte également créer un millier d'immeubles "zéro déchet", avec des programmes de formation, d'aide au réaménagement des locaux poubelles mais aussi l'installation de bacs à compost.
Le coût est estimé à 6 millions d'euros par an, mais le plan "devrait permettre à terme d'économiser 25 millions d'euros" en réduisant le coût de collecte des ordures, anticipe Antoine Guillou.











