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Paris: l'usage du téléphone bientôt interdit aux élèves dans des écoles et des collèges?

BFM Ariane Limozin, avec Alexis Lalemant
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Le groupe municipal Changer Paris, formation opposée à celle d'Anne Hidalgo, a fait une demande d'expérimentation auprès de la mairie... Mais l'idée ne fait pas que des heureux.

Encore plus de casiers à l'entrée des établissements scolaires? Une expérimentation doit en tout cas être lancée dans certains établissements -écoles et collèges- afin de mettre en place un dispositif obligeant les élèves à y déposer leur téléphone avant d'aller en cours.

Si l'usage du téléphone portable est déjà interdit dans les écoles depuis le mois d'août 2018, la nouveauté voudrait en effet que tous les appareils soient déposés dans un casier fermé pour n'être récupérés qu'à la fin de la journée.

Dans la capitale, le groupe municipal Changer Paris, formation opposée à celle d'Anne Hidalgo, a fait une demande d'expérimentation auprès de la mairie... Mais l'idée ne fait pas que des heureux.

"Il faut juste une limitation"

"Il faut quand même nous laisser l'utiliser, il faut juste une limitation", lance par exemple cette jeune fille.

"Si on ne se connecte pas sur Pronote, comment on va voir nos devoirs? Des fois, il y a l'agenda, mais des fois ils ne mettent rien dessus", argumente cette autre élève.

"Ça doit être autorisé pour prendre contact avec ses parents au cas où on se fait mal ou autre chose", assure de son côté cet écolier arborant fièrement un maillot aux couleurs du PSG.

Les syndicats unanimes

Au-delà du confort des élèves, la question se pose aussi sur les problèmes qui pourraient être engendrés à la suite, par exemple, de dégradation ou de vol.

"Que va-t-il se passer si les casiers sont dégradés? S'il y a des téléphones qui aujourd'hui, on le sait, coûtent très cher, sont dégradés, voire subtilisés, la responsabilité de l'établissement sera forcément engagée", s'inquiète David Lelong, référent métier-collège pour le syndicat SE-Unsa.

L'hypothèse d'une "pause numérique" avait été posée début avril par Nicole Belloubet, la ministre de l'Éducation nationale, cette dernière jugeant l'impact des réseaux sociaux auprès des jeunes "absolument dramatique".

"Des problèmes de sécurité"

Si David Lelong estime que "les propos de la ministre allaient dans le sens du cyberharcèlement pour justifier cette mesure", il souligne que l'"on n'est pas du tout convaincu que le harcèlement entre élèves va baisser grâce à cela, puisqu'on sait que, majoritairement, le cyberharcèlement se pratique après les cours".

Pour le président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), les portables devraient rester tout simplement au fond des sacs à dos des élèves afin d'éviter tout problème, comme c'est actuellement le cas.

"Imaginez 500, 800 collégiens qui rentrent et qui sortent au même moment et qui doivent déposer ou reprendre leur téléphone, ça peut poser des problèmes de sécurité", estime Grégoire Ensel, président national de la FCPE.

Un serpent de mer?

"L'autre option, c'est au début et à la fin de chaque cours", explique Grégoire Ensel. Mais là encore, "un enseignant a autre chose à faire que de consigner l'ensemble des téléphones portables et de les redistribuer à la fin du cours", analyse sobrement le chef de la fédération.

L'idée a en tout cas tout l'air du serpent de mer. En 2017 déjà, quelques mois avant l'officialisation de l'interdiction du téléphone portable pendant les heures de cours au collège, le ministre de l'Éducation nationale de l'époque, Jean-Michel Blanquer, évoquait déjà cette piste du casier de dépôt à l'entrée des établissements.

En tout état de cause, l'expérimentation sera quand même lancée à la rentrée prochaine, avec des collèges et les départements volontaires, en lien avec les rectorats.