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Paris: casse-tête et grand flou autour de la pérennisation des terrasses éphémères

BFM Clémence Renard, Guillaume Barki et Alicia Foricher
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Une majorité des terrasses éphémères sont en train de vivre leurs dernières heures. Elles seront démontées à la fin du mois mais pourront être réinstallées en avril, à condition de payer. Certains riverains font part de leur exaspération, tout comme plusieurs élus qui regrettent l'organisation approximative de la mairie de Paris sur ce dossier.

Les terrasses éphémères devenues estivales ont fleuri dans la capitale pendant la crise du Covid-19. Il était convenu qu'elles soient gratuites, pour compenser les pertes de revenus des commerces liées au confinement, jusqu'au 1er octobre 2021.

La mairie de Paris propose désormais aux commerces de pérenniser ces terrasse s d'avril à octobre, à condition de payer ce service.

"Maintenant on passe sur une formule payant comme avant. En fonction de la rue, de l'artère, on a différents coûts du mètre carré" explique sur BFM Paris Romain Vidal, secrétaire général GNI Paris-Ile-de-France.

Un réglement plus strict

Les restaurateurs doivent faire leur demande via le site Paris.fr. Dans le restaurant d'Ewa, la terrasse a permis d’ajouter 30 couverts supplémentaires. Néanmoins "ce ne sont pas les mêmes terrasses que celles qui ont été installées historiquement dans Paris. Nous ne pouvons pas les couvrir avec des bâches, nous ne pouvons pas les chauffer" constate la gérante du restaurant Le Mesturet.

En effet, les terrasses doivent respecter plusieurs conditions pour être pérennisés.

"Il faut que ce soit conforme à notre règlement (...) être au droit de la façade et s'étendre au maximum à une place de stationnement de chaque côté. Il faut également avoir au minimum 1m60 de passage pour l'accessibilité" explique à BFM Paris Olivia Polski, adjointe à la mairie de Paris en charge du commerce.

La mairie débordée par les demandes

Avec la fin de la gratuité et la mise en place du nouveau règlement, la ville est débordée par les demandes d'extension. Sur les 11.000 terrasses éphémères créées depuis un an, la Mairie de Paris a reçu 8000 demandes de pérennisation. Autant de dossiers à examiner et des lenteurs constatées du côté des restaurateurs. En cause notamment, selon la mairie de Paris, les interlocuteurs nombreux à consulter avant d'attribuer les autorisations.

"On demande l'avis de la direction de l'urbanisme, l'avis de la voirie et des déplacements, l'avis de la préfecture de police et des pompiers pour des questions de sécurité, et puis on demande bien sûr l'avis des maires d'arrondissements" détaille Olivia Polski.

C'est ensuite à la mairie centrale de prendre la décision finale. Il y a des demandes qui ont déjà été rejetées "mais parce que leur dossier n'était pas complet". "J'invite les restaurateurs à bien travailler leur dossier et à nous faire parvenir un plan" indique l'adjointe d'Anne Hidalgo.

Des débordements constatés

Certaines maires d'opposition, dénoncent un flou et une organisation approximative de la mairie de Paris. "C’est devenu ingérable! Les contrôles ne débouchent pas sur des sanctions. Les terrasses installées sur des places handicapées, des passages piétons ou sur le trottoir en face des établissements, au mépris de la sécurité des serveurs, sont toujours en place" s’emporte Delphine Bürkli, la maire (DVD) du 9e dans le journal Le Parisien.

"Nous avons rejeté 32 demandes d’autorisation et depuis, rien ne s’est passé. Pire, il y a quinze jours, l’équipe de la DPSP (la Direction de prévention, de la sécurité et de la protection) s’était rendue rue de Maubeuge pour faire enlever une terrasse quand un contrordre est arrivé de la mairie centrale" explique l'élue.

Un sentiment partagé par Florence Berthout, la maire (DVD) du 5e arrondissement. Elle regrette dans Le Parisien que "des dizaines de commerçants ne veulent pas enlever leurs terrasses. Celles-ci resteront encore des mois".

De son côté, Olivia Polski assure que les restaurateurs "doivent respecter les riverains" sous peine de sanctions.