Paris: à Montmartre, les boulistes, expulsés de leur terrain de pétanque, portent plainte

Des boulistes, récemment expulsés d'un terrain de pétanque au sommet de la butte Montmartre, ont porté plainte à Paris, accusant l'hôtel particulier voisin d'avoir entrepris des travaux non autorisés sur un site classé, a appris BFM Paris Île-de-France ce mercredi 30 octobre, confirmant une information de l'AFP.
La plainte, dont l'AFP a eu connaissance, accuse également l'hôtel d'avoir entrepris des travaux de démolition sans autorisation d'urbanisme.
"Il faut savoir que le club house et le boulodrome font partie d'un site classé, donc sans autorisation et sans permis de démolir, l'hôtel particulier s'est permis de casser le boulodrome et de porter atteinte gravement à un site classé", estime Maxime Liogier, porte-parole du Club Lepic Abbesses Pétanque, au micro de BFM Paris Île-de-France.
Ce dernier poursuit: "C'est pour ça qu'on a porté plainte, que des associations de protection du patrimoine et de l'environnement comme les Maquisards du passage Junot-Lepic ont porté plainte contre cet acte délictuel".
Un conflit de plusieurs mois
Cette plainte, déposée au pénal et qui vise toute personne susceptible d'avoir participé aux travaux, alimente un conflit de plusieurs mois, entre les boulistes de Montmartre, qui fréquentent le terrain situé sur la très chic avenue Junot (18e) depuis un demi-siècle, et l'hôtel particulier voisin, qui s'est vu confier la gestion du terrain par la mairie de Paris.
Depuis le 19 avril, certains des 300 licenciés du Club Lepic Abbesses Pétanque (Clap) se relayaient jour et nuit, pour empêcher leur expulsion de cet espace protégé.
L'hôtel a pour projet un jardin décrit comme écologique et éducatif, pour lequel il a obtenu la convention d'occupation du domaine public à la suite d'un appel à manifestation d'intérêt lancé par la mairie en 2022.
Pour trancher, la mairie de Paris avait saisi la justice administrative: le Conseil d'État lui a donné raison, le 3 avril 2024. Mais les boulistes ont créé une ZAD (zone à défendre), dont ils ont été expulsés le 22 octobre.
Un projet de "renaturation"
Vendredi 25 octobre, le Clap, rejoint par trois associations - les Maquisards du Passage Junot-Lepic à Montmartre, France Nature Environnement Paris et SOS Paris - ont porté plainte auprès du parquet de Paris.
Elles ont dénoncé une opération d'expulsion par la force, sans "optique de coopération" avec les boulistes, pour les déloger, mais aussi pour "détruire les structures présentes sur les terrains, soit la buvette et les murs entourant les terrains, en parfaite violation du décret de classement du site et sans la moindre autorisation".
Contacté, leur avocat, Emmanuel Daoud, a fustigé "l'impunité la plus totale" de l'hôtel qui ne "respecte pas les règles de l'urbanisme et les sites classés". "La mairie de Paris, et singulièrement la mairie du 18e arrondissement, laissent faire au mépris des intérêts des habitants de la butte Montmartre, des Parisiens et des Parisiennes".
La mairie du 18 a affirmé à l'AFP qu'elle veillerait à faire "respecter la réglementation" que devra appliquer le gérant de l'hôtel, pour réaménager le terrain en espace vert et ouvert au public.
Ce projet de "renaturation" concerne près 400 mètres carrés du terrain, sur une superficie d'environ 700 mètres carrés, a détaillé Jean-Philippe Daviaud, adjoint au commerce de la mairie. Il y restera "moins de la moitié des pistes de pétanque actuelles".











