Le Medef francilien veut intégrer le conseil d'administration d'Île-de-France Mobilités

Alors que ce lundi s'ouvrent les Assises du financement des transports en commun franciliens pour la période 2024-2030, le Medef de la région veut intégrer le conseil d'administration d'Île-de-France mobilités (IDFM), a appris BFM Paris Île-de-France.
Participer aux prises de décision
Il s'agit, pour le Medef Île-de-France de participer aux prises de décisions puisque le constat est simple pour son président, Daniel Weizmann: "Les entreprises financent près de 60% des transports, ce qui est justifié parce que nos salariés utilisent les transports". Ces 60% des 10 milliards d'euros de budget de fonctionnement se répartissent de façon directe avec le versement mobilité et de façon indirecte avec le remboursement du pass Navigo aux salariés.
Mais pour lui, la voix du patronat n'est pas présente au conseil d'administration d'Île-de-France Mobilités. "Le paradoxe, c'est qu'aucun chef d'entreprise ne siège au conseil d'administration d'IDFM" qui compte 31 membres. "Nous n'avons que la CCI, au travers du président de la CCI d'Île-de-France, qui nous représente mais c'est une émanation de l'État pour les entreprises", poursuit-il.
"Il me semblerait logique que les gens qui contribuent à ce financement soit partie prenante dans les discussions, pas uniquement dans les recettes mais également dans les dépenses d'IDFM, pour participer à la construction et au développement du transport en commun", complète Daniel Weizmann au micro de BFM Paris Île-de-France.
Le Medef Île-de-France répète par ailleurs qu'il faut "limiter la pression fiscale" sur les entreprises. "Nous avons conscience que le transport et les infrastructures vont évoluer dans les 10 ans qui viennent. Il faut essayer de trouver ensemble des pistes de financement mais pas forcément orientées vers les entreprises. C'est de temps en temps un peu la solution de facilité que d'aller chercher l'argent dans les entreprises".
Cette modification du conseil d'administration doit passer par le Parlement, puisque sa composition est définie par une loi du Code des transports. Actuellement, 16 représentants sont des élus régionaux, cinq des élus du Conseil de Paris, sept représentants des départements, un représentant des EPCI d'Île-de-France, un de la CCI et enfin un représentant des usagers désigné par le président du Conseil d'administration.
Valérie Pécresse "favorable"
"J'en ai discuté avec Valérie Pécresse, elle est extrêmement favorable. Elle comprend bien les rouages des entreprises. Dès son premier mandat, elle avait demandé que le Medef soit représenté", explique Daniel Weizmann.
Cette volonté a été confirmée par l'entourage de Valérie Pécresse, joint par BFM Paris Île-de-France.
Dans l'opposition, la proposition fait également son chemin. Le groupe de la majorité présidentielle à la région Île-de-France trouverait cela "logique", tout comme l'arrivée d'un représentant de l'État.
"Le Medef a déjà un siège qui est en réalité celui de la CCI Île-de-France. Si le Medef n'a pas de minorité de blocage, pourquoi pas, mais un parallélisme doit être appliqué avec les organisations syndicales des opérateurs exclues du conseil d'administration. Nous sommes surtout favorables à un retour de l'État au conseil, là aussi, sans possibilité de blocage", explique un proche du groupe communiste à la région, une position partagée par les écologistes.
"Les syndicats nous avaient alertés très en amont sur le manque de personnel, les problèmes engendrés par la mise en concurrence du réseau ou encore les impacts sur la baisse de l'offre", affirme Jean-Baptiste Pegeon, administrateur écologiste d'IDFM interrogé par BFM Paris Île-de-France. "Ce serait salutaire d'être plus attentif à leurs alertes à l'avenir."
Quant à l'État, il ne fait plus partie du conseil d'administration depuis 18 ans, rappelle-t-on du côté d'IDFM. Un départ acté à l'époque par la loi de décentralisation portée par le gouvernement de droite de Jean-Pierre Raffarin.
Le programme des Assises du financement des transports en commun franciliens sera clôturé par le ministre des Transports, Clément Beaune, et la présidente de la région et d'IDFM, Valérie Pécresse.











