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La ville de Paris va expérimenter la "sécurité sociale alimentaire" en septembre 2024

BFM Nicolas Dumas avec Amaury Tremblay
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Déjà testée dans le 20e arrondissement, le Conseil de Paris vient d'adopter la généralisation de l'expérimentation de la "sécurité sociale alimentaire". Le projet débutera en septembre 2024.

Après Montpellier, Lyon ou encore Grenoble, la "sécurité sociale alimentaire" va prendre de l'ampleur dans la capitale. Le Conseil de Paris vient d'adopter une expérimentation plus grande afin d'aller vers un dispositif plus pérenne alors que cette sécurité sociale alimentaire est déjà mise en place dans le 20e arrondissement.

Le principe de cette mesure: les bénéficiaires versent une cotisation, en fonction de leurs revenus. Le dispositif permet ensuite d'acheter un panier de course d'un coût d'une centaine d'euros à un prix progressif. Dans ce panier se trouveront notamment des produits bio et frais à cuisiner.

Trois premiers arrondissements ciblés

Le projet devrait être déployé en plusieurs phases à Paris. La première étape, au premier trimestre 2024, se focalisera sur la "co-construction avec les bénéficiaires" dans plusieurs arrondissements volontaires (14e, 18e et 20e). Une centaine de familles parisiennes par arrondissement, représentatives de la population, participeront au projet.

"On a un objectif de mixité", explique Fatoumata Koné, présidente du groupe Les Écologistes au micro de BFM Paris Île-de-France, ainsi qu'un "principe d'universalité" comme pour la sécurité sociale.

"L'objectif, quand on parle de qualité en matière d'alimentation, du mieux manger. C'est forcément dirigé vers des produits frais avec des fruits et légumes. Dans le choix des commerces, ce seront ceux de bouche: boulangerie, charcutier, etc. L'objectif est de venir en aide à tous nos petits commerces", poursuit Fatoumata Koné.

Ce dispositif vise aussi à accompagner des agriculteurs: "On parle de la possibilité d'améliorer l'alimentation, de contribuer et venir en aide aux agriculteurs et aux petits commerces de notre territoire".

L'exécutif parisien opposé au dispositif

C'est lors de la niche de groupe, présentée par Les Écologistes, que la délibération a été adoptée avec les voix de Changer Paris, le groupe mené par Rachida Dati.

Cette mesure, l'exécutif parisien n'en voulait pas sous l'intitulé proposé. Audrey Pulvar, l'adjointe à la maire de Paris en charge de l’Alimentation durable, de l’agriculture et des circuits courts, a dénoncé, sur les réseaux sociaux, un coup de communication des écologistes avec la droite.

"La sécurité sociale alimentaire, nous la mettons déjà en pratique avec tous les dispositifs d’accessibilité créés à Paris. La caisse alimentaire commune, nous y travaillions déjà, ensemble. Dommage que, pour un coup médiatique, Les Écologistes rallient la droite au détriment de l’alimentation durable", écrit-elle sur le réseau social X.

Fatoumata Koné, la présidente du groupe Les Écologistes, nuance ces critiques auprès de BFM Paris Île-de-France. "Je n'appellerais pas forcément ça des accrochages. On était en désaccord sur le terme utilisé. Nous tenions à ce que le dispositif expérimenté s'intitule la 'Sécurité sociale de l'alimentation'."

La droite, de son côté, a apporté des modifications à la délibération et déplore que les socialistes n'ont pas approuvé cela. "Il nous semblait très intéressant, c'est un sujet sur lequel on travaille depuis longtemps (...) Une meilleure alimentation est gage d'une très bonne santé", explique Anne-Claire Tyssandier, conseillère de Paris, au micro de BFM Paris Île-de-France.

Elle ajoute que son groupe a été "énormément surpris" par l'opposition des socialistes à cette délibération. "Ce que je pense c'est que c'est révélateur d'une crise profonde que traverse l'exécutif parisien aujourd'hui", souligne Anne-Claire Tyssandier.

Après la première phase de "co-construction", et au-delà des désaccords politiques, l'expérimentation dans l'ensemble de la capitale doit débuter en septembre 2024.