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JO 2024: restrictions de navigation, QR codes… Le casse-tête des croisières parisiennes

BFM Sylvain Allemand
Durant les Jeux, la navigation sur la Seine sera fortement impactée par une batterie de restrictions.

Durant les Jeux, la navigation sur la Seine sera fortement impactée par une batterie de restrictions. - BFMTV

Les JO, qui se tiendront entre le 26 juillet et le 11 août 2024 dans la capitale, font grincer des dents certains acteurs des célèbres croisières parisiennes. Durant cette période, la navigation sur la Seine sera fortement impactée par une batterie de restrictions liées aux Jeux.

Des perturbations sur la terre ferme... et sur la Seine. Le fleuve parisien et ses croisières, devenues incontournables pour des millions de touristes, sont elles aussi chamboulées par les Jeux olympiques. Pour ces JO 2024, la Seine est un élément central de l'événement mondial, avec d'abord la cérémonie d'ouverture, puis des épreuves qui se tiendront dans ses eaux, devenues exceptionnellement baignables.

Un choix qui force ses usagers à s’adapter aux nouvelles restrictions mises en place pour la bonne tenue de la compétition. Parmi eux, les armateurs parisiens, organisateurs des croisières sur les eaux de la capitale. Des bateaux remplis de touristes voguant entre le Pont Alexandre III et la Tour Eiffel font depuis longtemps partie du décor de la ville lumière. Une carte postale réorganisée durant la période olympique, car la navigation sera drastiquement restreinte.

Un réel manque à gagner

Dans le secteur du centre de Paris, la navigation de plaisance est interdite du 18 au 28 juillet, en raison de la préparation de la cérémonie d’ouverture des JO sur le fleuve. "Cela tombe sur une période où normalement, on a beaucoup d'activité, ça ne nous arrange vraiment pas. Il y a un manque à gagner et le comité des JO ne l’a pas trop pris en compte", regrette auprès de BFMTV.com, un salarié des Vedettes du Pont Neuf, société de croisière sur la Seine.

Durant cette période, les autorités profiteront d’une Seine déserte pour effectuer de nombreux contrôles de sécurité et faire des répétitions pour la cérémonie d’ouverture. Les bateaux des Vedettes du Pont Neuf ne resteront pas pour autant inactifs. Certaines des embarcations de la société seront utilisées pour le spectacle marquant le début de la compétition.

En mettant à disposition ses bateaux, les Vedettes du Pont Neuf touchent entre 5.000 et 10.000 euros par jour et par embarcations mobilisées, de la part du Comité d’organisation de Paris 2024 (Cojop), indique le PDG de l'entreprise au Monde. "Un jour de répétition pour l’ouverture équivaut au prix d'une heure de croisière privée", tempère le salarié. Une rémunération qui ne comblera donc pas les pertes financières liées à l’interdiction de navigation.

Des restrictions après la cérémonie d’ouverture

Une fois l’interdiction de navigation passée, les croisières ne pourront pas pour autant reprendre dans des conditions habituelles. Pendant les JO et des Paralympiques, les bateaux devront rester amarrés de 2 heures à 11 heures du matin, "en raison de la tenue des épreuves en Seine dans Paris entre le pont Alexandre III et le pont de l’Alma", indique le ministère chargé des Transports.

Une localisation qui pose une nouvelle fois problème. "La zone proche d'Alexandre III, c’est le cœur du système des trajets fluviaux touristiques. On ne pourra pas aller jusqu’à la Tour Eiffel", s'exaspère le collaborateur des Vedettes du Pont Neuf. Selon lui, ces interdictions matinales obligent sa société à ne pas proposer de croisière avant 14 heures. Soit une perte d'environ un cinquième de l’activité quotidienne.

"On a très peu de réservations pour un mois du juillet"

Les restrictions et interdictions de navigation ne sont pas les seules impondérables qui pénalisent les sociétés de croisière touristique parisienne. Après la cérémonie d'ouverture, le périmètre de sécurité autour de la Seine sera réduit. Néanmoins, durant les épreuves olympiques et paralympiques, l’accès aux bords de Seine, où les bateaux embarquent leurs passagers, sera régulièrement en "périmètre rouge". Les personnes voulant faire une croisière devront parfois être munies d’un Pass Jeux.

Elles devront aussi trouver un lieu de stationnement qui sera souvent éloigné des embarcations. “Tout cela rend l’accès aux embarcations compliqué. Durant l’année, on a eu beaucoup de clients qui ont décalé leurs réservations de juillet et août en mai et juin”, indique le marin des Vedettes du Pont Neuf.

Les épreuves des JO font de l’ombre aux balades fluviales. "On a très peu de réservations pour un mois de juillet. Les gens qui viennent pour les Jeux ont déjà dépensé beaucoup d’argent. Entre le prix des billets, de l’hôtel et du voyage, il ne reste pas grand-chose pour une croisière sur la Seine". Une situation délicate, que le PDG avait pressentie. "Notre activité est perturbée par l’organisation des répétitions et des travaux. On va faire une année 2024 compliquée", avait-il déclaré à nos confrères du Monde.

Les professionnels du secteur peuvent tout de même se consoler avec l’exposition médiatique que devraient apporter les JO à la Seine. Une mise en avant qui pourrait attirer de nouveaux visiteurs désireux de voguer sur les eaux de la ville lumière.